Le gaspillage alimentaire à la fête en fin d’année

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20 kilos/an – C’est le nombre de kilos d’aliments jetés chaque année par les Français, selon les estimations les plus optimistes. Ce chiffre peut paraître anodin ; il est le reflet d’habitudes de consommation somme toute banales et répandues. Mais à y regarder de plus près, il révèle une réalité plus sombre. Il correspondrait en moyenne à plus de 500 euros de perte financière. Les incidences de ce gaspillage vont cependant bien au-delà des seuls calculs pécuniaires. Ainsi, on estime qu’il représente le tiers de la nourriture consommée. Cela signifie qu’un tiers des pesticides et engrais, et un tiers de l’énergie nécessaires à la production et au transport des aliments sont utilisés inutilement. À l’heure de la COP21, cette réalité mérite d’être signalée.

 

Fêtes de fin d’année : nos poubelles frôlent l’indigestion

Ce phénomène est d’autant plus vrai au moment des fêtes de fin d’année. Le sentiment d’abondance contraste alors avec le sens habituel de modération et d’économie. En d’autres termes, l’attitude responsable s’efface devant l’opulence.

Or, chez les consommateurs, cette réalité peu honorable est source de malaise et de préoccupation (selon un sondage fait par BNP Paribas Asset Management et Cicero Group en juillet 2015 sur les investissements socialement responsables (ISR). La réduction du gaspillage alimentaire était le thème le plus populaire en 2015, surtout parmi les gens de 45 à 54 ans. Échantillon de 2 000 personnes, représentatif des adultes de la population française.), mais elle est également incitation à mobilisation. Ainsi, ils vérifient les dates de consommation, veillent à respecter la chaîne du froid, congèlent soigneusement les restes, utilisent consciencieusement des boîtes hermétiques… Des efforts supplémentaires doivent donc être entrepris pour réduire l’ampleur du gaspillage alimentaire.

Cela passe par une moindre propension de la part des consommateurs à dépenser et par des campagnes de sensibilisation à mener en ce sens. Cela passe aussi par l’internalisation des coûts futurs aujourd’hui non pris en compte – entre autres, ceux associés à l’empreinte carbone et au traitement des sols et rivières pollués – pour déterminer le prix réel des aliments et l’intégrer dans les actes d’achat et de consommation. D’un point de vue pratique, une généralisation de l’utilisation de contenants hermétiques constituerait un geste dans la bonne direction.

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

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