L’envolée du dollar américain s’achève alors que les faucons évincent les colombes

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Le dollar américain s’est apprécié face à l’euro et à la plupart des devises des marchés émergents en 2019, malgré le ralentissement de la croissance et la baisse des taux directeurs des banques centrales. Selon nous, cette situation ne devrait pas perdurer.

Au cours des derniers mois, un certain nombre de banques centrales ont présenté au marché un avant-goût de prévisions moins accommodantes que prévu.

  • En novembre, la Reserve Bank of New Zealand a maintenu ses taux directeurs inchangés, tandis que les acteurs du marché s’attendaient à une baisse de 25 pb.
  • En décembre, les taux directeurs de la Reserve Bank of Australia et de la Bank of Canada sont restés inchangés.
  • En Europe, la Riksbank a relevé ses taux directeurs, marquant ainsi la fin des taux négatifs en Suède.

Plus important encore, les récentes données mondiales hors États-Unis ont dépassé les attentes du marché. À notre avis, cela pourrait marquer un point d’inflexion pour le dollar américain et présager un affaiblissement du billet vert dans les mois à venir.

Graphique 1 : le dollar américain entre-t-il dans une tendance baissière ? – Le graphique présente les variations des taux de change du dollar américain face à l’euro (à gauche ; échelle inversée) et du dollar américain face aux devises des marchés émergents (à droite) en 2019.

fixed income outlook currencies

Données au 3 janvier 2020. Sources : FactSet, JPMorgan, BNP Paribas Asset Management

L’affaiblissement du dollar permet au yen et aux devises émergentes de rebondir

En revanche, dans un contexte d’affaiblissement du dollar américain, nous anticipons une inversion de la tendance du yen japonais, entraînant une belle performance au premier trimestre. Un dollar plus faible constitue également un facteur positif pour les devises des marchés émergents, et nous prévoyons, là aussi, un retournement de tendance au cours du premier trimestre.

La livre sterling, qui a été la plus volatile des grandes devises en 2019, aura probablement à nouveau un rôle de premier plan en 2020. Malgré la perception d’un Brexit imminent, de nombreux observateurs ont fait remarquer que le départ réel de l’UE ne marque que le début de la fin.

Des discussions tendues avec Bruxelles sur les relations futures nous attendent. De la même manière que la livre sterling a fluctué à chaque tournant des négociations sur la séparation, la question de savoir si le Royaume-Uni va finalement prolonger la période de négociation d’un accord commercial ou s’il va risquer l’équivalent d’une rupture « sans accord » de l’UE à la fin de 2020 fera également évoluer la devise.

Croissance américaine au potentiel ; la Fed marque une pause

En 2020, la croissance du PIB américain devrait se stabiliser à un rythme proche de son potentiel. Si cette estimation se matérialise, nous nous attendons à ce que les taux longs évoluent dans une fourchette relativement étroite à partir de maintenant, au gré des principaux thèmes, à savoir l’élection présidentielle américaine, les tensions commerciales et les anticipations d’inflation.

Avec la signature d’un pré-accord commercial sino-américain ce mois-ci, on peut espérer une reprise du commerce mondial et donc de la croissance mondiale. Toutefois, nous n’assisterons pas selon nous à une atténuation significative des tensions commerciales cette année, que ce soit avec la Chine ou avec d’autres pays.

Il est peu probable que la Reserve Fédérale modifie ses taux directeurs avant l’élection présidentielle américaine, car la croissance du PIB ralentit, même si l’on peut soutenir que de nouvelles baisses seraient sans doute nécessaires étant donné que l’inflation reste inférieure à l’objectif. Les résultats du vote devraient se traduire par un Congrès divisé, incapable de modifier de manière significative les dépenses, les emprunts ou la fiscalité. En conséquence, les rendements des emprunts d’État américains sont susceptibles d’être les plus sensibles aux événements géopolitiques, des conflits commerciaux avec la Chine aux tensions au Moyen-Orient.

Peu de possibilité d’action de la BCE, ni d’ailleurs beaucoup de mesures de relance budgétaire

En l’absence de reprise du commerce mondial et compte tenu de la portée limitée de la politique monétaire de la zone euro pour stimuler la croissance, l’attention s’est tournée vers la relance budgétaire. Cependant, dans le pays qui a le plus grand potentiel pour stimuler les dépenses – l’Allemagne – les inhibitions politiques et culturelles sont significatives.

Il convient également de noter que l’impact économique plus large d’un programme de relance allemand serait limité. Il est peu probable qu’il vienne modifier les perspectives de l’économie de la zone euro toute entière. Ce qu’il faut en réalité, c’est une réforme de l’économie et du marché du travail. Mais cela semble encore très peu probable.

Nous prévoyons peu de changements dans la politique monétaire, car la BCE consacre la majeure partie de l’année à la révision de son cadre de politique monétaire. Alors que plusieurs banquiers centraux de la zone euro pourraient souhaiter suivre la décision de la Riksbank de revenir à des taux positifs, la BCE s’est engagée à ne relever ses taux qu’après la fin de l’assouplissement quantitatif. Cela lui lie les mains.

L’Italie constitue le risque d’investissement le plus évident. Les élections pourraient ramener le parti Lega au pouvoir, entraînant un nouvel élargissement des spreads des emprunts d’État italiens.

Les flux de capitaux devraient soutenir les devises émergentes

Nous pensons que la solidité du cycle américain par rapport à la faiblesse de celui des marchés émergents pourrait s’inverser en 2020. Compte tenu du statu quo de la Fed et d’une inflation globalement modérée à l’échelle mondiale, les banques centrales des pays émergents devraient être en mesure de poursuivre, voire de renforcer, leurs politiques budgétaires et monétaires accommodantes. La croissance devrait rebondir par rapport aux niveaux actuellement déprimés. Cela devrait entraîner des flux de capitaux vers les actifs des marchés émergents, ce qui est de bon augure pour les devises émergentes.


Le présent article constitue un extrait de nos perspectives des marchés obligataires pour le premier trimestre 2020


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Dominick DeAlto

Chief Investment Officer, Fixed Income

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