Les innovations ne sont pas seulement technologiques

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Les investisseurs qui associent l’innovation au seul secteur technologique gagneraient sans doute à adopter une vision plus large. En effet, une stratégie prometteuse devrait intégrer les derniers développements des acteurs les plus solides de secteurs divers et capter des performances durables, tant en termes financiers qu’ESG1.

  • Les « technologies de rupture » ne relèvent pas toutes du secteur technologique.
  • Les véritables innovations dépassent les barrières sectorielles et offrent des opportunités d’investissement que des stratégies purement sectorielles pourraient laisser passer.
  • Il convient de cibler les entreprises durables à la fois sur le plan ESG[1] et sur le plan financier, c’est-à-dire avec des exigences ESG élevées et des modèles économiques robustes qui garantissent compétitivité et croissance.

Au-delà du seul secteur technologique

Notre stratégie sur les technologies de rupture se fonde sur la recherche d’idées en actions dans l’ensemble de l’économie et ne se limite pas au seul secteur technologique. Par exemple, nous détenons Amazon en raison de sa forte position dans le cloud computing, même si le titre est classé dans le secteur de la consommation discrétionnaire comme c’est le cas pour d’autres sociétés de distribution. Les actions que nous sommes à même de sélectionner se trouvent dans des secteurs aussi divers que l’industrie, les services de communication, la santé, la finance, la consommation et l’énergie.

Les acteurs disruptifs peuvent être liés à un ou plusieurs des quatre thèmes principaux qui correspondent à notre vision de la technologie disruptive. Ceux-ci reflètent de profonds changements dans le mode de fonctionnement des entreprises et dans les modes de consommation.

  • Cloud computing
  • Intelligence artificielle et analyse avancée des données
  • Automatisation et robotique
  • Internet des objets

En outre, nous surveillons les technologies émergentes, telles que l’impression 3D, la blockchain et les énergies renouvelables. Nous pouvons nos exposer par le biais d’actions de domaines connexes plutôt qu’en ciblant directement des niches. Ainsi, les crypto-monnaies peuvent-elles être représentées par des fournisseurs de semi-conducteurs puissants qui permettent des calculs rapides.

Dans le domaine du cloud computing nous investissons à la fois dans les grandes entreprises qui fournissent des services d’infrastructure cloud, ainsi que dans les entreprises qui fournissent des applications logicielles sous forme de service cloud.

De même est-il possible d’investir dans l’intelligence artificielle et l’analyse des données via les secteurs des services financiers et de la santé. Enfin, l’internet des objets peut impliquer des utilisations parfois imprévues. Ainsi, nombreux sont les récits de personnes sauvées par le diagnostic médical rapide permis par leur montre connectée.

Un monde meilleur ou le meilleur des mondes?

Nous pensons que l’utilisation d’algorithmes de machine learning créera de la valeur économique en rendant certains processus longs et complexes plus efficaces et en fournissant des outils de décision améliorés. Il y a néanmoins des écueils. L’efficacité de tout algorithme dépend de la qualité des données utilisées pour entraîner l’intelligence artificielle. Par exemple, les données génétiques sont, à ce jour, biaisées parce qu’elles proviennent principalement de populations non diverses d’origine européenne. En outre, l’IA pour la reconnaissance faciale peut être utilisée abusivement par les gouvernements ou d’autres acteurs, entraînant un impact négatif sur la vie privée ou, par exemple, en créant des vidéos frauduleuses. Il en ressort la nécessité de réglementations garantissant l’utilisation adéquate de ces outils puissants.

Au-delà des considérations morales et techniques, la question de l’abus de position dominante se pose lorsque l’on considère (les géants de) la technologie. Cela a donné lieu à un débat sur la nécessité de réglementer, voire de démanteler certaines entreprises. Nous surveillons donc activement les valeurs exposées à la menace d’une réglementation plus stricte.

Nous pensons qu’il est important que les sociétés de gestion adoptent une approche active et fondamentale pour investir dans les différents courants des technologies disruptives. Nous rencontrons des entreprises, des fournisseurs, des clients, des concurrents, des experts sectoriels, des universitaires et bien d’autres encore pour améliorer notre connaissance du paysage changeant des technologies.

Une approche de conviction

Notre approche se fonde sur une analyse fondamentale des entreprises afin d’identifier celles qui sont durables, qui présentent des avantages concurrentiels pérennes et qui se négocient à des valorisations attractives. Nous recherchons des entreprises dont les modèles économiques sont résilients et qui ne causent aucun préjudice du point de vue environnemental, social et de gouvernance (ESG). Des entreprises qui disposent d’avantages concurrentiels durables basés sur l’innovation, le nombre de brevets, les parts de marché, la réputation ou d’autres barrières à l’entrée. Sur le plan financier, nous examinons les valorisations par rapport à celles des pairs et l’historique des titres à l’aide de modèles d’actualisation des flux de trésorerie.

Notre vision de l’univers des technologies de rupture est large, et n’exclut ni les marchés émergents ni les entreprises de petite ou moyenne capitalisation. Ces segments sont particulièrement actifs dans les technologies de rupture et peuvent constituer une source continue d’innovation.

Le bon moment pour investir ?

Si l’on considère leurs valorisations, les valeurs technologiques se négocient actuellement avec une prime de 10 % par rapport à l’ensemble du marché, sur la base de PER prévisionnels à 12 mois. Cette prime est conforme à la médiane historique depuis 1995 et nous pensons qu’elle est justifiée par les perspectives de croissance supérieures du secteur technologique.

L’environnement macroéconomique et géopolitique actuel est très incertain. La plupart des secteurs dans lesquels nous investissons, y compris la technologie, l’industrie et la consommation durable, sont cycliques. Cependant, nous pensons qu’investir dans des sociétés dont les moteurs de croissance à long terme sont solides se justifie sur l’ensemble des cycles. Même en cas de fort ralentissement, nous nous attendons à ce que les entreprises ne gèlent pas l’intégralité de leurs investissements technologiques, mais qu’elles se concentrent sur les segments les plus innovants du secteur.

Par conséquent, nous considérons l’investissement dans les technologies disruptives comme une stratégie de long terme (trois à cinq ans), qui requiert une surveillance étroite des changements qui, dans ce domaine, peuvent s’avérer particulièrement rapides.

[1] ESG = Environnement, Social et Gouvernance


Cet article a été publié dans The Intelligence Report – 15 octobre 2019

The Intelligence Report TIR


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

Pamela Hegarty

Portfolio Manager & Senior Equity Analyst, US equities, CFA Charterholder

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