Les mille et une opportunités digitales de la Chine

Post with image

La transformation digitale de l’économie chinoise ne concerne pas uniquement Alibaba, mais aussi toutes les autres nouvelles entreprises qui suivent son exemple. Certes, Alibaba a probablement été le sésame vers la révolution digitale de la Chine, mais il a aussi permis à des milliers d’autres entreprises d’innover, changeant ainsi incontestablement la nature de la croissance chinoise.

Le trésor digital chinois

L’économie digitale ne se limite pas au commerce en ligne : il s’agit d’une économie basée sur les technologies informatiques digitales. Par conséquent, elle concerne de nombreux secteurs et s’étend largement au-delà des secteurs de la consommation de base. Actuellement, le rôle de l’économie digitale évolue : elle n’existe plus en tant que support des secteurs hors ligne existants, mais oriente de nouveaux secteurs directement vers les services et le commerce en ligne. Cette transformation implique le développement de nombreux nouveaux secteurs. Alors qu’à ce jour, 40 % des acheteurs en ligne se concentrent sur les vêtements, les chaussures, les en-cas et les smartphones, plus de 15 catégories devraient être représentées d’ici à 2020, dont les appareils électroménagers, les services financiers, les cosmétiques, etc.

L’économie digitale chinoise croît à l’un des rythmes les plus rapides au monde. En 2010, elle représentait 3,3 % du PIB, en retard par rapport aux économies les plus développées. Cependant, en 2013, ce chiffre a atteint 4,4 %, soit davantage que les États-Unis et la France, qui ont progressé de 4,3 % et 4,2 % respectivement. L’économie et la transformation digitales d’entreprises jusque-là hors ligne devraient contribuer à raison de 20 % par an jusqu’en 2020 et créer un secteur d’une valeur de 14 000 milliards de RMB (2 000 milliards d’USD) par an d’ici à 2025. À titre de comparaison, c’est à peu près équivalent au PIB total de la France.

Graphique 1 : croissance du commerce en ligne chinois

CAGR* consommation 2015-2020 (en %)

Chinese e-commerce

Source : BCG, AliResearch, The New China Playbook, décembre 2015. * CAGR : taux de croissance annuel composé

Sous-pénétration d’Internet

La taille de la population chinoise est d’autant plus intéressante pour le développement digital du pays, car elle offre aux entreprises la possibilité d’atteindre une taille critique rapidement. En outre, la Chine ne compte « que » 483 millions d’internautes (fin mai 2015), soit un taux de pénétration de 35,22 %, un chiffre nettement inférieur à celui des États-Unis ou du Royaume-Uni. L’augmentation imminente de ce taux de pénétration devrait donc permettre à l’économie digitale de se développer encore plus.

Graphique 2 : dans l’absolu, la Chine compte le plus grand nombre d’internautes, mais compte tenu de la taille de la population, le taux de pénétration chinois demeure relativement faible par rapport aux pays développés

China internet users

Source : ITU, comScore, Goldman Sachs, mai 2015

« Sésame, ouvre-toi »… mais sur mon smartphone

Les plateformes mobiles affichent le potentiel de croissance le plus élevé : elles représentent 51 % de toutes les ventes en ligne en Chine, contre une moyenne mondiale de 35 %. Par exemple, la part du volume de marchandises brutes (l’équivalent des ventes dans le commerce de détail digital) de Taobao, le site de commerce en ligne créé par Alibaba, qui ont été commandées à partir de téléphones portables a bondi de 7,3 % à 40,68 % pour l’exercice financier 2015. Elle a même culminé à 68 % lors de la campagne « Single days » de novembre 2015. D’ici à 2020, le groupe Boston Consulting prévoit que le commerce électronique mobile atteigne 74 % des ventes en ligne.

Changement de la nature de la croissance chinoise

La transformation digitale de l’économie chinoise devrait donner naissance à de tout nouveaux marchés et accroître la productivité de la chaîne de valeur. Elle devrait renforcer considérablement l’efficacité et les opportunités d’allocation plus optimale du capital. Par exemple, début 2015, Alibaba a lancé un système de notation de crédit sur la base des données de la plateforme de commerce en ligne. Ce système de notation est utilisé pour les consommateurs et les petites entreprises, en particulier ceux dont l’historique de crédit est limité ou qui n’ont peut-être jamais demandé de prêt bancaire ou de carte de crédit. L’entreprise offre en effet ses propres services de prêts depuis juin 2015. Les banques chinoises accèdent de plus en plus aux outils d’analyse des données, ce qui leur permettra d’allouer plus efficacement du financement aux entreprises les plus efficaces.

Sous-représentation dans les indices chinois

Être leader du secteur technologique fait partie du « Rêve chinois », la vision à long terme de l’économie et de la société chinoise. Pour autant, les entreprises digitales sont sous-représentées dans les indices boursiers chinois. Les technologies de l’information ne représentaient en effet que 7,5 % de l’indice CSI 300 à fin avril 2016. Mais les choses évoluent à mesure que les titres des entreprises digitales progressent et accèdent plus facilement aux marchés financiers. En novembre 2015, outre les ADR** chinois, MSCI a intégré Alibaba et Baidu dans l’indice MSCI China, portant ainsi le pourcentage d’actions informatiques au sein de l’indice de 14 % à plus de 23 %.

Mille et une opportunités digitales : des noms bientôt familiers

En conclusion, nous sommes convaincus que l’économie digitale chinoise contribuera largement à la consommation et à la croissance du PIB du pays dans les prochaines années. Les noms des entreprises chinoises en ligne seront progressivement mieux connus des investisseurs à mesure que la Chine intègre lentement mais sûrement les portefeuilles mondiaux. Le graphique ci-dessous illustre à quel point les équivalents chinois d’Amazon, eBay et Uber talonnent leurs concurrents américains. Leur avenir semble prometteur compte tenu du nombre de consommateurs en Chine.

 Graphique 3 : aperçu des équivalents américains des entreprises chinoises

us equivalent of chinese companies FR

Source : Goldman Sachs, rapports annuels de l’entreprise, BNPP IP 2016. ** Entreprises non listées, estimation


La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus élevée à l’évolution des conditions de marché, celles-ci étant influencées par la situation sociale, politique et économique.

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte des fonds peuvent comporter un risque plus élevé.

Emmanuelle Wilbrod

Investment Specialist

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*