Les raisons d’investir dans une approche multi-actifs sur les marchés émergents

Post with image

Selon nous, une allocation aux actifs émergents est un choix stratégiquement judicieux, à condition toutefois que les investisseurs adoptent une approche multi-actifs.

Pour faire simple, voici les trois principales raisons qui justifient une allocation stratégique sur ces marchés. Premièrement, les pays en développement affichent généralement une croissance supérieure à celle des pays développés (évolution démographique, croissance supérieure de la productivité, raffermissement de la consommation).

Deuxièmement, ces marchés recèlent un potentiel de revenu supérieur dans la mesure où les actifs émergents offrent des primes de risque élevées qui ont tendance à diminuer à mesure des progrès réalisés en matière économique et politique.

Troisièmement, une allocation aux marchés émergents procure des avantages en termes de diversification. Malgré tout, les investisseurs restent sous-exposés à ces actifs.

Or nous tablons sur une inversion progressive de cette tendance. En effet, ces investisseurs ont conscience de la part élevée et croissante des marchés émergents dans la production économique (environ 40 % du PIB mondial) et dans les marchés boursiers. Dans ce contexte, les actifs émergents ne se contenteront plus d’un rôle secondaire, mais occuperont une place stratégique au sein des portefeuilles de placement.

Lorsque les investisseurs décident de renforcer leur exposition stratégique, nous leur recommandons d’adopter une approche dynamique multi-actifs qui permet d’apporter continuellement des changements aux expositions aux différentes régions et classes d’actifs. Selon nous, une analyse régionale approfondie est requise en raison d’une augmentation des différentiels de croissance des pays émergents. Il est bien entendu possible d’investir sur les marchés émergents par le biais de diverses classes d’actifs, sachant que ces marchés se situent à des stades de croissance et de cycle économique différents. Dans ce contexte, la palette d’opportunités d’investissement est plus large, les possibilités de diversification sont nombreuses, de sorte que les performances corrigées du risque sont supérieures sur le long terme.

La croissance devient davantage idiosyncratique

En analysant la première décennie du 21e siècle, nous constatons que les pays émergents ont connu une expansion économique particulièrement rapide et régulière, tous marchés confondus. Ce boom économique a débuté par l’accélération de la croissance chinoise en 1998 qui s’est poursuivie pendant plusieurs années à un rythme de 8 % minimum. Cette impulsion, facilitée par un contexte inflationniste très porteur à l’échelle mondiale, s’est étendue aux marchés émergents internationaux, qui ont multiplié par deux leur croissance économique d’environ 3 % (moyenne simple, croissance annuelle du PIB, années 1980 et années 1990) à un rythme avoisinant les 6 % entre 2003 et 2007, comme le montre le graphique 1.

Graphique 1 : La croissance économique des marchés émergents (la croissance moyenne des pays de l’indice MSCI EM)

emerging market growth

Lors de la première décennie du 21e siècle, les taux de croissance se sont sensiblement synchronisés, donnant lieu à la croissance la plus homogène depuis l’année 1950 (voir graphique 2). Durant cette période, aucun des pays de l’indice MSCI EM n’a subi de contraction et 60 % d’entre eux (contre 20% en 2000) ont progressé à un rythme minimum de 5 %. Par la suite, la croissance des pays émergents est devenue plus idiosyncratique et elle devrait le rester compte tenu de notre opinion thématique d’augmentation des écarts entre les marchés émergents (différences en matière de réformes structurelles, de perspectives politiques ou de sensibilité à la fin des cycles d’endettement et d’évolution des cours matières premières par ex.)

La nouvelle norme au sein des marchés émergents devrait être similaire à l’ancienne norme observée des années 1950 à 1970, durant lesquelles la croissance avait progressé à un rythme moyen de 5 %, avec des écarts régionaux cependant supérieurs à ceux constatés aujourd’hui (5 % contre 3 % dans les années 2000 [1]).

Graphique 2 : Dispersion de la croissance économique des marchés émergents (l’écart interquartile des pays de l’indice MSCI EM)

dispersion in em growth

La corrélation entre l’activité économique des pays émergents ayant diminué, il est important de faire preuve d’une plus grande distinction entre les régions eu égard notamment à la concentration des expositions régionales dans les principaux indices représentatifs des marchés émergents. À titre d’exemple, l’indice actions MSCI EM est fortement exposé aux économies plus intégrées, avec entre autres une allocation de 70 % environ à l’Asie émergente. Par ailleurs, l’indice JPM Emerging Markets Bond index (EMBI) très suivi par la communauté financière privilégie l’Amérique latine, l’Europe de l’Est et l’Afrique (trois régions qui représentent à elles seules 80 % de l’indice, comme le montrent les graphiques 3 et 4). En raison de ces pondérations régionales significatives, une approche active de l’allocation permet d’éviter les problèmes posés par une réplication pur et simple des indices de marché dans le cadre d’une approche passive.

Graphique 3 : Repartition par région de l’indice MSCI des actions des marchés émergents (MSCI EM)

emerging market equities

Source: Datastream, BNPP IP, décembre 2015

Graphique 4 : Répartition par région de l’indice JP Morgan EMBI (indice de la dette extérieure souveraine des marchés émergents) (l’indice EMBI)

emerging market external sovereign debt

Source: Datastream, BNPP IP, décembre 2015

L’accès à un large éventail de thématiques propres aux marchés émergents

Hormis l’allocation entre les régions, il est possible de procéder à une allocation entre les classes d’actifs, dont les actions, la dette souveraine et privée ainsi que les devises et les matières premières. Une telle approche de gestion multi-actifs offre aux investisseurs un accès à un éventail plus large d’opportunités d’investissement et leur fait profiter de placements qui réagissent différemment aux conditions de croissance de ces marchés.

Grâce à cette approche, les clients peuvent obtenir une exposition aux thèmes qui sous-tendent la croissance des marchés émergents, qu’il s’agisse de la vigueur macroéconomique (liée aux taux d’endettement/de change au regard de l’inflation, de la situation budgétaire et des flux de capitaux) ou des prévisions concernant la demande (liées surtout aux fonds propres/à la dette privée/aux taux de change au regard de la productivité et des bénéfices/bilans des entreprises).

Prenons par exemple la situation actuelle du Brésil, que nous déconseillons aux investisseurs actions en raison de sa croissance atone, conjuguée aux efforts de réduction des dépenses du gouvernement et du durcissement monétaire de la banque centrale qui vise à atténuer une inflation obstinément élevée. Du côté des facteurs encourageants, citons les progrès réalisés en matière budgétaire et d’inflation qui sont une source d’opportunité d’investissement dans sa dette en real.

En outre, les clients souhaitant opter pour l’approche multi-actifs bénéficient d’un potentiel supplémentaire de diversification car la sensibilité aux étapes du cycle économique diffère selon les classes d’actifs. Ce sont pour ces raisons ainsi que pour le nombre supérieur d’opportunités d’investissement qu’elle offre que cette approche multi-actifs affiche de meilleures performances corrigées du risque sur le long terme.

La prudence reste de mise

Une allocation dynamique à diverses classes d’actifs ou régions permet non seulement aux investisseurs d’accroître leur exposition aux régions ou aux actifs attractifs, mais également d’alléger leurs positions au moment propice en cas de prévision d’une dégradation des fondamentaux ou en présence de risques apparemment élevés.

En comparaison de ceux des marchés développés, les risques associés aux placements sur les marchés émergents peuvent être supérieurs et nécessiter une prudence et une attention accrues. Citons notamment le risque de sorties de capitaux spéculatifs sur le court terme, le risque de baisse de la liquidité lors de périodes de tensions sur les marchés, le risque accru de restructurations/de défauts de la dette souveraine et des risques du type corruption, risques politiques et juridiques.

Nous sommes experts dans leur gestion grâce à un suivi des risques propres à chaque pays (perspectives cycliques, risques de crédit ou évolutions politiques, etc.) et des risques de change. Les devises émergentes enregistrent généralement une volatilité supérieure quand la part des flux de capitaux est dominée par les investisseurs étrangers, ce qui peut constituer un facteur déstabilisant en cas de détérioration du sentiment. Ces deux catégories de risque peuvent être contrôlées activement grâce à un allègement des expositions au moment le plus propice.

Bien entendu, l’importante diversification procurée par une approche multi-actifs permet également de contrôler ces risques.

La nécessité d’une expertise locale

Les investisseurs, qui ont cristallisé essentiellement leur attention sur une allocation d’actifs top-down, ne doivent pas ignorer les vertus de la sélection de valeurs bottom-up. Il est possible de doper les performances d’une approche multi-actifs en répartissant efficacement les encours entre chaque classe d’actifs. Forte d’une solide expertise sur les marchés émergents, la société BNP Paribas Asset Management s’appuie sur des équipes de gestion présentes dans 14 pays émergents qui apportent une touche locale à notre processus d’investissement.

BNP Paribas a récemment lancé sa première stratégie « multi-actifs » axée principalement sur les marchés émergents. Géré par l’équipe responsable de la stratégie « Global Multi-Asset Income », la stratégie vise un versement annuel de entre 5% à 7% en allouant dynamiquement sur l’ensemble des catégories d’actifs et régions des marchés émergents, tout en exploitant la forte présence locale de nos équipes dans les marchés émergents.

[1] Les différentiels de croissance sont mesurés par la différence entre les taux de croissance du PIB du 1er et du 3e quartile des pays de l’indice MSCI EM.

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*