Les small caps pourraient bénéficier des mesures promises par Trump

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Les perspectives des actions américaines ont radicalement changé depuis le résultat de l’élection présidentielle en novembre ; en particulier, les petites capitalisations pourraient bénéficier de la mise en œuvre effective des mesures promises par Donald Trump pour rendre sa grandeur à l’Amérique (« Make America Great Again »). Si, en qualité d’investisseurs, nous devons continuellement prendre des décisions sur la base d’informations imparfaites, nous avons déterminé le programme le plus probable de la future administration Trump, le scénario central actuellement intégré par les marchés financiers et, de ce fait, les opportunités d’investissement potentielles.

De l’avis général, le futur président des États-Unis, Donald Trump, et le Congrès à majorité républicaine mettront l’accent sur les mesures de soutien à la croissance. Le marché d’actions a rebondi et intègre clairement les aspects positifs de ces initiatives, mais les détails restent flous, ce qui rend extrêmement difficile de prévoir l’avenir. Les investisseurs semblent rassurés par les nominations, pour la plupart, classiques de Donald Trump, mais l’euphorie initiale est retombée. Ils attendent désormais de connaître les détails des mesures de réforme fiscale, l’avenir du système de santé et la hiérarchisation des dépenses.

UN COUP DE FOUET A L’ÉCONOMIE AMÉRICAINE

Selon nous, un programme de soutien à la croissance inclurait les mesures suivantes :

  • une baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 20 % ;
  • un assouplissement significatif de la réglementation des entreprises ;
  • l’application aux bénéfices rapatriés de l’étranger d’un taux d’imposition dorénavant réduit (pas seulement une amnistie temporaire) ;
  • un important plan d’investissements en infrastructures, potentiellement financé par les premiers flux de revenus d’entreprise transférés sur le sol américain dans le cadre du plan de rapatriement ;
  • une diminution des taux d’impôt sur le revenu.

QUELLES POURRAIENT ÊTRE LES IMPLICATIONS DU PROGRAMME RÉPUBLICAIN POUR LES INVESTISSEURS EN PETITES CAPITALISATIONS AMÉRICAINES ?

Le contexte postérieur à la crise du crédit a été marqué par une croissance molle du PIB américain et une reflation des actifs. Les actions ont été dopées par une politique monétaire accommodante qui a abouti à des taux d’intérêt historiquement bas. Nous pensons que nous sommes peut-être en train d’entrer dans une nouvelle phase de croissance, qui ne constituera pas un prolongement du cycle actuel à bout de souffle mais marquera le début d’un nouveau cycle entretenu par les mesures de relance budgétaire promises.

Source de revenus par région pour les sociétés cotées en Bourse aux États-Unis : les petites entreprises sont plus exposées aux tendances économiques nationales (en %)

Revenue source by region for US listed companies: smaller companies are more exposed to domestic economic trends (in %)

Source : FactSet, 30 Septembre 2016

Nous anticipons que l’effet combiné d’une croissance des chiffres d’affaires, d’une remontée de l’inflation et d’un redressement de la confiance des entreprises, conduira à une accélération de la progression des bénéfices. La croissance bénéficiaire est enfin prête à accélérer en 2017, grâce à des bases de comparaison peu élevées, à la relance budgétaire promise et à la possibilité de mesures fiscales plus favorables. Les sociétés de taille modeste devraient également bénéficier du regain d’appétit pour le risque des investisseurs. En outre, elles présentent généralement un effet de levier opérationnel plus important en raison de moindres économies d’échelle. Dans la mesure où ces entreprises sont davantage tournées vers le marché intérieur, leurs résultats devraient mieux résister dans un contexte d’appréciation du dollar américain.

Les fusions-acquisitions (F&A) resteront un thème important dans l’évaluation des perspectives des sociétés à petite capitalisation. En 2016, le cycle des opérations de F&A concernant cette catégorie d’entreprises a été soutenu, comme en attestent le nombre et le montant des transactions qui ont impliqué des sociétés de l’indice Russell 2000. Des mesures de relance budgétaire et (ou) des baisses d’impôts pourraient conduire les entreprises à renoncer à « acheter » de la croissance, mais nous pensons que les opportunités d’acquisition de technologies, de segments de clientèle, de compétences ou d’un effet relutif sur les bénéfices resteront des facteurs incitatifs importants.

SECTEURS DES PETITES CAPITALISATIONS : IDENTIFICATION DES GAGNANTS

Les sociétés fortement exposées au marché intérieur sont davantage susceptibles de réaliser de meilleures performances que celles qui exercent leurs activités à l’échelle mondiale, compte tenu des inquiétudes suscitées par la politique commerciale annoncée de Donald Trump. Les sociétés de petite capitalisation devaient donc être avantagées. De plus, ces dernières sont plus corrélées à la croissance du PIB américain : si ce dernier augmente (scénario que nous présumons), elles en profiteront. Notre vision du marché est axée sur la sensibilité à la conjoncture économique. Sur le plan sectoriel, les sociétés industrielles (infrastructures) seraient favorisées par leur caractère cyclique et devraient également bénéficier de leur concentration sur le marché domestique. Les valeurs financières ont rebondi après l’élection, portées par la perspective d’une administration Trump plus souple sur le plan réglementaire et d’une banque centrale (Fed) qui pourrait devoir augmenter la cadence de relèvement des taux directeurs à mesure que la croissance et l’inflation accéléreront.

Une réduction générale de l’impôt sur le revenu pourrait contribuer à stimuler les dépenses et, par conséquent, soutenir les valeurs du secteur de la consommation. S’agissant du compartiment des technologies de l’information, nous avons la conviction que le rapatriement potentiel de liquidités pourrait insuffler un élan aux sociétés de ce secteur car nous devrions assister à un accroissement des opérations de F&A (par rapport à un niveau déjà record) sur ce segment. Les entreprises pourraient également utiliser ces liquidités pour procéder à des rachats d’actions et distribuer des dividendes, ce qui pourrait soutenir la performance du marché. Enfin, les valeurs du secteur de la santé, en particulier celles des sous-secteurs de la biotechnologie et de la pharmacie, semblent bien positionnées pour surperformer. Ces titres ont accusé un sérieux retard sur le marché dans le sillage du débat de campagne d’Hillary Clinton sur l’instauration d’un contrôle des prix, et nous pensons qu’ils pourraient très bien se comporter. Les valeurs du secteur de la santé se sont ressaisies dans la foulée du résultat de l’élection, mais leur rebond s’est interrompu, les investisseurs attendant des propositions concrètes.

IL FAUDRA SAVOIR SÉLECTIONNER LES TITRES

Enfin, nous pensons que les facteurs propres aux sociétés dicteront à nouveau l’évolution des cours, ce qui devrait se traduire par une plus forte dispersion des performances. Nous nous orientons vers un environnement qui sera nettement plus propice à la sélection de titres au cas par cas. De façon générale, nous estimons que le leadership du marché devient plus dynamique. En d’autres termes, la sélectivité des investissements gagne en importance, ce qui constitue un argument implicite en faveur d’une approche de gestion active.

 

Eric McLaughlin

Senior Investment Specialist, US equities, CFA Charterholder

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