L’huile de palme : un produit controversé

Post with image

La déforestation galopante qui affecte les forêts primaires en Indonésie trouve pour 40 % son origine dans la culture à grande échelle des palmiers à huile. De nombreuses espèces, comme l’orang-outan ou le tigre, voient de ce fait leurs espaces naturels se rétrécir dramatiquement et sont menacées de disparition. Le phénomène prend une dimension particulièrement critique en Asie, comme sur les îles de Bornéo ou de Sumatra, ou en Amérique Latine. Par exemple, en Malaisie, seules 12 % des forêts tropicales primaires ont survécu. Même si la culture des palmiers à huile n’est pas la seule cause du phénomène, il y a lieu d’agir à ce niveau ! Et il y a urgence à le faire !

Voici 30 ans, l’huile de palme était quasiment absente des produits de consommation courante ; on la retrouve, aujourd’hui, presque partout : dans la margarine, les pâtes à tartiner, les biscuits, mais aussi dans les cosmétiques, les détergents, les biocarburants.

Certains acteurs économiques, industriels ou distributeurs, se sont engagés à n’utiliser que de l’huile de palme durable, c’est-à-dire qui soit produite sur des plantations n’ayant pas recours à la main d’œuvre infantile, n’étant pas en conflit avec les populations locales et n’étant pas aménagées sur d’anciennes forêts primaires ou tourbières. D’autres, plus incisifs, ont décidé de bannir complètement l’usage de l’huile de palme.

Ils considèrent, à juste raison, qu’à l’heure d’Internet, tout manquement aux règles de l’éthique et du développement durable peut être porté à la connaissance du grand public en trois clics par les « gardiens du temple » que représentent certaines ONG spécialisées. Leur réputation peut s’en trouver entachée durablement si elles ne s’astreignent pas à des mesures correctrices dans les plus brefs délais. Certains s’adjoignent même les services de ces ONG pour améliorer leurs pratiques en la matière.

Ces exigences s’étendent évidemment à leurs propres fournisseurs. Des moyens technologiques de surveillance satellite leur permettent aujourd’hui de contrôler par relevés cartographiques les écarts auxquels se livreraient ces derniers.

À son niveau, BNP Paribas Asset Management a pris la mesure de l’enjeu et intègre dans ses analyses ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) des critères environnementaux liés aux activités de production ou de commercialisation d’huile de palme.


Rédigé le 04/10/2017

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

Laisser un commentaire

Your email adress will not be published. Required fields are marked*