Le beau jeu d’équilibre de la Chine

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Les autorités de Beijing doivent faire preuve de prudence pour éviter à la fois d’être trop lâches et d’alimenter une bulle du marché des actifs, ou d’être trop tendues et de sortir du marasme économique.


Les dernières données économiques confirment notre estimation selon laquelle la croissance du PIB chinois a atteint un point bas au premier trimestre 2019, après des signes de stabilisation au deuxième trimestre. Le PIB réel de la Chine au 1er trimestre 2019 a atteint 6,4 % en glissement annuel, dépassant les prévisions du marché. Plusieurs indicateurs macroéconomiques majeurs, notamment la production industrielle, les ventes au détail, les ventes immobilières, la croissance des investissements en actifs fixes et les ventes automobiles, ont montré des signes de reprise. Nous prévoyons toujours une légère reprise économique au second semestre 2019, avec un risque à la hausse pour notre prévision de croissance interannuelle de 6,2 % pour l’ensemble de l’année.

Ralentissement de la croissance chinoise, moins d’inflation…

Les actions chinoises onshore ont réagi en demi-teinte aux chiffres, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à l’amélioration de l’économie, ce qui a entraîné la fin rapide de l’assouplissement de la politique monétaire, voire le retour des mesures de réduction de la dette qui ont entraîné le ralentissement économique en premier lieu. Mais les pousses vertes de l’économie n’ont pas encore connu de reprise solide. La croissance nominale du PIB au T1 2019 a ralenti à 7,8 % interannuel, contre 9,2 % au T4 2018, en raison d’une baisse du déflateur du PIB à 1,4 % interannuel, contre 2,9 % au T3 et 2,7 % au T4.

Un tel environnement de croissance non inflationniste reste favorable aux actifs risqués. La Banque populaire de Chine n’a pas encore assoupli sa politique monétaire. La reprise attendue de la croissance sera modeste, Beijing ayant pour objectif de maintenir la croissance entre 6,0 % et 6,5 %. Alors que ce léger rebond de la croissance devrait suffire à stabiliser le marché du travail, il ne sera pas assez fort pour provoquer une surchauffe économique. Avec une inflation bien maîtrisée (le récent choc de l’offre qui a fait grimper les prix de la viande de porc et l’indice des prix à la consommation global ne devrait pas durer) et une inflation sous-jacente ancrée en dessous de 2,0 %, le risque d’un resserrement monétaire est faible.

Une constellation favorable

Alors que la croissance du PIB a touché le fond et devrait se redresser au second semestre 2019 sans aucune menace d’inflation, l’environnement à court terme reste positif pour les obligations. Mais les rendements obligataires chinois pourraient bientôt atteindre un point bas dans ce cycle à mesure que la liquidité et l’économie continuent de se redresser. Les spreads de crédit onshore se stabilisent et devraient se renouveler prochainement.

Le risque sur les opérations sur les actions chinoises devrait prévaloir, même si les obstacles à la progression des cours des actions demeurent. Il s’agit notamment de

  • la faible croissance des bénéfices à court terme
  • la baisse de l’indice des prix à la production (IPP) continuant de peser sur les bénéfices des entreprises industrielles (grandes capitalisations)
  • le risque extrême de mauvais résultats des négociations commerciales sino-américaines
  • le risque de durcissement réglementaire visant à réduire la correction des actions, qui est en hausse.

Assouplir ou ne pas assouplir

Les autorités chinoises sont confrontées à un délicat exercice d’équilibre. Tout rebond continu de la liquidité risque d’alimenter une bulle des marchés d’actifs. La dernière chose que Beijing souhaiterait voir, c’est une bulle immobilière. D’un autre côté, si Beijing se resserre trop tôt, il pourrait risquer de tirer le tapis sous les pieds de l’économie.

En résumé, une reprise attendue de l’économie devrait se traduire par des révisions à venir des bénéfices, mais cela n’est pas encore pris en compte sur le marché boursier chinois. Le marché commence seulement à évaluer l’impact de l’assouplissement monétaire. Cela implique un momentum haussier pour les actions chinoises toujours, malgré la volatilité.

Les risques à court terme pour les actions chinoises sont 1) l’escalade de la guerre commerciale et 2) le risque politique de Beijing de réprimer la correction des actions.

Les risques à moyen terme incluent 1) une erreur de calcul de la politique microéconomique qui conduit à des événements de crédit qui pourraient dégénérer en un choc systémique et 2) une erreur de calcul de la politique macroéconomique par laquelle Beijing cesse d’assouplir sa politique, voire commence à resserrer trop tôt, ce qui frappe gravement l’économie.

La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse et il est possible que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.
L’investissement sur les marchés émergents ou dans des secteurs spécialisés ou restreints est susceptible d’afficher une volatilité supérieure à la moyenne en raison d’un haut degré de concentration, d’incertitudes accrues résultant de la moindre quantité d’informations disponibles, de la moindre liquidité ou d’une plus grande sensibilité aux changements des conditions de marché (conditions sociales, politiques et économiques).
Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la majorité des marchés développés internationaux. Pour cette raison, les services de transactions de portefeuille, de liquidation et de conservation pour le compte de fonds investis sur les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.


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Chi Lo

Senior Economist for China

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