Graphique de la semaine – guerre commerciale : la sitation est-elle claire pour les investisseurs ?

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Après près d’un semestre d’incidents épisodiques, les échauffourées entre les Etats-Unis et la Chine, dont l’enjeu est le commerce et la propriété intellectuelle et, probablement, le rôle dominant à l’échelle mondiale, semblent avoir repris.  Par conséquent, les marchés financiers se sont bien comportés, notamment les marchés obligataires. La réaction a été particulièrement visible du coté des bons du Trésor américain, et il est vrai que la baisse des taux était tout autant liée aux anticipations du marché quant à une nouvelle baisse des taux d’intérêt américains de référence.

  • Les relations entre les États-Unis et la Chine sont-elles si mauvaises ?
  • Les relations ont-elles un impact économique ?
  • Les investisseurs devraient-ils se préparer au pire ?

En termes de réaction du marché actions aux derniers développements du conflit commercial, -10 % de droits de douane sur les derniers 300 milliards d’USD d’exportations chinoises vers les États-Unis, contrebalancés par une baisse du renminbi stimulant les exportations et la suspension par la Chine des importations de produits agricoles américains – il semble que la montée des tensions ait de nouveau plus pesé sur les actions chinoises (cf. graphique 1). L’effet sur le marché américain a été atténué par un discours accommodant de la Réserve fédérale.

Graphique 1 : Niveaux des indices actions (mars 2019 = 100)

Graphique 1 : Niveaux des indices actions (mars 2019 = 100)

Source : BNP Paribas Asset Management, données de 07/08/2019

En ce qui concerne l’impact économique sur les États-Unis, les importations en provenance de pays non chinois ont supplanté les importations chinoises déclinantes, car la demande américaine reste dynamique dans un contexte de forte croissance économique. Pour la Chine, les exportations vers l’Europe ont également été faibles car affectées par le ralentissement économique en Europe.

L’accès de faiblesse des échanges commerciaux peut être considéré comme l’une des raisons de la chute du renminbi chinois par rapport au dollar américain, mais nous doutons que le gouvernement acquièce à une forte dépréciation, qui créerait autant de problèmes qu’elle en résoudrait. Toute nouvelle dépréciation de la devise pourrait engendrer des risques tels que de potentielles sorties de capitaux et la frilosité des investisseurs internationaux quant à de nouveaux investissements dans le pays, ce qui pourrait inciter Pékin à procéder à une dévaluation étroitement encadrée. Pékin concentrera probablement ses efforts plutôt sur la stimulation de l’économie locale par le biais de la croissance du crédit afin d’éviter un atterrissage brutal.

Il est intéressant de noter que la faiblesse du renminbi s’est étendue aux autres devises des marchés émergents. Cela devrait être une bonne nouvelle pour les exportateurs des pays émergents, mais cette baisse devrait être moins bien accueillie par les banques centrales locales car elle implique une hausse des prix à l’importation qui a un effet inflationniste. Dans l’ensemble, le rebond du dollar américain n’a ni stimulé la croissance déjà faible des pays émergents ni favorisé leurs marchés actions à la traîne.

Quelle est la situation sur le front de la croissance mondiale ?

Les anticipations dans le secteur manufacturier se sont assombries pendant quatre mois consécutifs, les indices des directeurs d’achat indiquant une contraction. Une nouvelle série de droits de douane américains ne sera pas pour lever la morosité, même si cela devrait avoir pour effet un nouveau ralentissement de la croissance plutôt qu’une récession.

Associé à une faible inflation, cela laisse aux investisseurs un fragile scénario à la Boucles d’or bien qu’en fait, tout se joue aux États-Unis où la confiance des consommateurs et la consommation ont bien résisté. C’est également ce qui ressort des dernières publications de résultat des entreprises américaines, qui montrent que les entreprises américaines ont largement dépassé le consensus (peu exigeant), tandis que pour les entreprises européennes, la situation est pire compte tenu de leur plus grande dépendance aux échanges commerciaux. La perspective d’une inflation obstinément faible dans la zone euro et d’une croissance atone devrait encourager la BCE à assouplir sa politique monétaire, ce qui devrait constituer un soutien pour les marchés actions.

S’agissant des marchés dans leur ensemble, il semble trop tôt pour s’attendre à un rebond. Des nouvelles plus positives sur le front du conflit commercial pourraient constituer un élément déclencheur, même si un nouveau tweet du président américain Trump pourrait facilement avoir l’effet inverse. En l’absence de cela, les investisseurs peuvent tabler sur de nouvelles mesures de la part des banques centrales pour s’attaquer au problème de la faiblesse de la croissance. En attendant, ils peuvent s’attendre à d’autres accès de volatilité accrue – sur les fronts géopolitique et économique ainsi que dans les différentes classes d’actifs. En ce qui concerne la question posée dans notre titre, il apparait que la situation est désormais claire. Une guerre de tranchées sur le commerce devrait dominer l’actualité mondiale, les marchés et le sentiment des investisseurs en 2020.


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La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus grande à l’évolution du contexte de marché (social, politique et économique).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.

Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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