Perspectives 2019 pour l’Inde : élections… et sélection

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L’année écoulée a plus ou moins répondu à nos attentes. Sur le plan microéconomique, les agents ont digéré les petits problèmes liés à la mise en place de la taxe sur les biens et services et le choc entraîné par la démonétisation, la consommation s’est redressée et les dépenses publiques ont augmenté plus rapidement. Parallèlement, toutefois, les indicateurs macroéconomiques indiens, qui avaient atteint des niveaux élevés intenables en 2017, ont légèrement reculé. Sur l’année calendaire 2018, les marchés d’actions ont affiché une volatilité qui n’a en soi pas surpris. En revanche, les opérateurs n’avaient pas anticipé la nette correction des petites et moyennes capitalisations. Les taux d’intérêt ont augmenté comme prévu et le rendement de l’obligation d’État à 10 ans a atteint 8 %. À l’inverse, la croissance moins forte que prévu des résultats a déçu. L’augmentation du chiffre d’affaires a été conforme aux attentes, mais celle des bénéfices a été inférieure aux anticipations.

2019, l’année aux deux visages

Au premier semestre 2019, les facteurs macroéconomiques devraient accaparer l’attention des marchés financiers, avec une actualité fournie. À l’inverse, les variables microéconomiques occuperont le devant de la scène au second semestre, si bien que la surperformance passera par une sélection de valeurs judicieuse, tant dans les portefeuilles actions que pour les produits de taux.

Parmi les nombreux événements phare qui devraient ponctuer le premier semestre, quatre revêtiront une importance capitale.

  • La politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) : les investisseurs s’intéresseront principalement au rythme du relèvement des taux (deux tours de vis selon la dernière réunion de la Fed) et de la réduction de la taille de son bilan.
  • Le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis : les tensions pourraient avoir un effet sur les grandes économies (et sur les pays plus petits qui en dépendent), en mettant à mal leur compétitivité, l’allocation des capitaux, les ressources et les économies d’échelle.
  • Les cours du pétrole brut : des certitudes devraient émerger cette année à ce sujet. Avec les baisses de production consenties par les pays membres de l’OPEP et leurs alliés, de même que le ralentissement de la demande mondiale, les prix du pétrole brut pourraient se stabiliser, ce qui permettrait aux opérateurs et aux entreprises de prendre des décisions plus judicieuses.
  • Les prochaines élections en Inde : en 2019, les citoyens indiens seront appelés à élire un parti politique, et donc une idéologie, qui façonnera le visage du pays pour les cinq années à venir.Dans un contexte incertain, la croissance sous-jacente poursuivra probablement son redressement. Au cours des quatre années écoulées, l’économie a été marquée par la mise en œuvre de plusieurs réformes « cadre », qui ont entraîné des perturbations à court terme. Ces initiatives devraient toutefois porter leurs fruits sur le long terme et favoriser une croissance plus rapide et solide.

Le choc entraîné par la démonétisation a été digéré par les ménages et la consommation restera un moteur de croissance microéconomique, tout comme les investissements continus des gouvernements dans les infrastructures, tant au niveau des États que sur le plan central.

Au second semestre 2019, après les élections législatives, l’accent sera de nouveau mis sur les fondamentaux. Une sélection judicieuse des titres devrait alors porter ses fruits, alors que les actions verront probablement leur cours influencé par les paramètres essentiels que sont la situation conjoncturelle mondiale, la stabilité des cours du pétrole brut et les politiques économiques du nouveau gouvernement. Dans ce scénario, notre rôle consistera à identifier les secteurs et entreprises dont les résultats pourraient afficher une croissance durable plus élevée que la moyenne au cours des prochaines années. De même, en ce qui concerne les produits de taux, nous devrons prendre des décisions critiques en termes de duration et de crédit, dans la mesure où ces facteurs devraient permettre une optimisation du profil risque/rendement.

Les marchés d’actions indiens devraient faire relativement belle figure malgré la très probable volatilité. En cette année d’élections, les fluctuations seront inévitables. Toutefois, le redressement des résultats, même s’il est retardé, occupera le devant de la scène après le verdict des urnes. Nous privilégions toujours les entreprises axées sur la consommation en raison de leur taux de croissance supérieur à la moyenne, de leurs flux de trésorerie positifs, de leur très faible endettement et de leur net avantage concurrentiel. Les banques, surtout d’affaires, pourraient connaître une croissance durable grâce à l’amélioration de la qualité de leurs actifs. Les prêts aux particuliers seront un moteur de croissance demain et offriront des opportunités en termes de revenus de commissions. Contrairement aux dernières années, les infrastructures devraient gagner du terrain et pourraient offrir de belles portes d’entrée pour les investisseurs choisissant soigneusement leurs titres. En revanche, le secteur de l’exportation devrait selon nous encore connaître une croissance en dents de scie du fait des barrières non douanières et du ralentissement conjoncturel mondial.

Perspectives 2019 pour l'Inde : élections... et sélection

Source : RIMES, MSCI, IBES, estimations du consensus. Données à janvier 2019 FY : l’année fiscale indienne est close en mars.

Sur le front macroéconomique, l’inflation modérée, la baisse des cours du pétrole brut, l’attitude conciliante de la Fed et l’adoption probable d’une politique neutre par la banque centrale indienne sont de bon augure pour la croissance du PIB et l’équilibre budgétaire. Ces facteurs, complétés par les mesures d’assouplissement des liquidités de la banque centrale (opérations d’« open market ») et le respect par le gouvernement de l’objectif de déficit budgétaire, pourraient maintenir le rendement de l’obligation de référence dans une fourchette comprise entre 7,10 % et 7,40 % au premier semestre de l’année calendaire 2019. L’évolution des cours du pétrole brut et l’issue des élections détermineront probablement la fourchette applicable au deuxième semester.

Pour résumer, le premier semestre de l’année calendaire 2019 sera dominé par les considérations macroéconomiques, tandis que les facteurs microéconomiques prendront le pas le reste de l’année.

Les investisseurs seront bien avisés de se préparer à la volatilité en lien avec les élections au cours du premier semestre, pour pouvoir ensuite profiter du redressement des résultats au second semestre 2019 et au-delà, grâce à une sélection de titres « bottom-up ».

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La valeur des investissements et les revenus qu’ils génèrent peuvent enregistrer des hausses comme des baisses et il se peut que les investisseurs ne récupèrent pas leur investissement initial.

Investir dans les marchés émergents ou dans des segments de marché spécialisés ou restreints peut présenter une volatilité supérieure à la moyenne en raison de la forte concentration de leurs positions, d’un degré d’incertitude plus élevé reflétant le manque d’informations disponibles, de leur liquidité plus faible ou de leur sensibilité plus grande à l’évolution du contexte de marché (social, politique et économique).

Certains marchés émergents offrent moins de sécurité que la plupart des marchés développés internationaux. Par conséquent, les services de transaction, de liquidation et de conservation du portefeuille utilisés pour le compte de fonds investis dans les marchés émergents peuvent comporter un risque plus élevé.

Brijesh Ved

Head Equities - PMS & Offshore Advisory

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