Les obligations vertes ont bien progressé, mais il reste encore beaucoup à faire

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Les obligations vertes ont suscité beaucoup plus d’intérêt, mais les émissions restent en deçà de ce qui est nécessaire pour financer la transition vers une économie à faible émission de carbone. Dans cet article, Felipe Gordillo, analyste ESG senior, et Xuan Sheng Ou Yong, analyste en obligations vertes & ESG, discutent de la structure et des perspectives de ce marché [1].

  • Les émissions ont augmenté de manière impressionnante, mais il reste encore beaucoup à faire
  • Il faut encore gagner en transparence pour rassurer les investisseurs
  • Plus important que la mesurabilité, des incitations sont nécessaires à la croissance du marché des obligations vertes

Les émissions d’obligations vertes en 2018 se sont élevées à plus de 170 milliards USD et pourraient atteindre, au total, environ 200 milliards USD. Si ce rythme d’émission peut être soutenu au cours des cinq prochaines années, le stock mondial d’obligations vertes s’élèverait à environ 1 500 milliards USD d’ici 2024. Bien qu’une telle croissance soit impressionnante, cela reste modeste par rapport au volume total des titres à revenu fixe dans le monde entier, à 1,5 %.

Pour financer avec succès une économie à faible émission de carbone, il faut bien plus. La Climate Bonds Initiative estime que les émissions d’obligations vertes doivent atteindre environ 1 000 milliards USD par an. La question est alors la suivante : comment structurer le marché afin de faciliter les émissions et de s’assurer que l’appétit mondial pour les actifs verts soit satisfait par des produits fiables et vérifiables ?

Exhibit 1 : Émission annuelle d’obligations vertes (en millions de dollars)

Exhibit 1 : Émission annuelle d'obligations vertes (en millions de dollars)

Source : Climate Bonds Initiative, octobre 2019

Croissance des obligations vertes : l’appétit est là

L’appétit pour les obligations vertes est présent aussi bien chez les investisseurs institutionnels que chez les particuliers. La demande mondiale est telle qu’une certaine forme de capacité ESG ou de programme d’investissement vert est pratiquement indispensable, et cela ne concerne pas uniquement les marchés développés. À l’exception limitée de la Chine, les normes en Asie sont similaires à celles présentes en Europe ou aux États-Unis. Même en Chine, le marché privé reconnaît aujourd’hui que le glas des combustibles fossiles a sonné et les émetteurs qui cherchent à faire appel aux investisseurs internationaux s’alignent sur les normes internationales.

Néanmoins, les investisseurs devraient prêter attention à la crédibilité de l’analyse d’impact de toute obligation verte. BNP Paribas Asset Management applique un processus transparent de sélection des obligations dont l’impact peut être démontré de manière vérifiable et qui exclut celles qui sont moins vérifiables. Ce niveau de soins est nécessaire : tous les émetteurs ne sont pas prêts ou capables de structurer une obligation verte fiable, et les gérants d’actifs doivent être en mesure de permettre aux investisseurs d’explorer l’univers des obligations vertes avec une confiance et une sécurité raisonnables.

Des progrès, certes, mais il reste encore du travail à faire sur les normes de reporting

Le reporting d’impact doit montrer la quantité de carbone évitée en investissant dans une obligation en particulier, ou tout autre impact mesurable tel qu’une plus grande durabilité de l’activité ou des opérations de l’émetteur. Cela permet d’éviter des actions de relations publiques portées sur le green washing. Malheureusement, malgré les progrès réalisés dans le cadre des principes de l’ICMA relatifs aux obligations vertes et d’autres initiatives, il n’existe toujours pas de protocole commun concernant le reporting d’impact.

Fait encourageant, de plus en plus d’investisseurs s’engagent auprès d’émetteurs, même souverains. On peut citer à titre d’exemple les discussions avec les gouvernements indonésien et néerlandais au sujet de leurs émissions d’obligations vertes, qui ont apporté des précisions sur leur stratégie en matière de changement climatique, les mesures prises, les progrès éventuels et les potentielles contraintes.

Les banques centrales détiennent la clé de la croissance

Plus important que la mesurabilité, des incitations sont nécessaires à la croissance du marché des obligations vertes. Alors que la demande des fonds de pension, des fonds souverains et d’autres grands investisseurs institutionnels est manifeste, les banques centrales dont les bilans sont immenses jouent un rôle essentiel pour libérer le potentiel. Une banque centrale achetant des produits verts enverrait un signal aux investisseurs obligataires d’un resserrement des marchés primaires, réduisant ainsi le coût du capital pour les entreprises. Une telle incitation économique permettrait réellement au marché des obligations vertes de s’étendre.


En tant que signataire fondateur des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI) en 2006 et membre de l’Institutional Investors Group on Climate Change (IIGCC) depuis 2003, BNP Paribas Asset Management figure parmi les premiers acteurs de l’investissement en obligations vertes. En décembre 2015, l’entité est devenue signataire fondateur de la Déclaration de Paris sur les obligations vertes. BNPP AM a lancé son premier fonds dédié aux obligations vertes en 2017. À fin septembre 2019, l’encours du fonds était supérieur à 394 milliards d’euros d’actifs.

[1] Cet article s’inspire d’un entretien paru dans l’édition Asia Asset Management


Cet article a été publié dans The Intelligence Report – 12 novembre 2019

The Intelligence Report TIR


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

 

Xuan Sheng Ou Yong

Green Bonds & ESG Analyst

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