L’option des financements alternatifs pour les PME

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Il y a dix ans, une petite et moyenne entreprise (PME) désireuse d’étendre ses activités aurait suivi une procédure assez usuelle et simple pour se procurer les fonds dont elle avait besoin : elle se serait rendue dans son agence bancaire locale. En 2018, cette source de financement autrefois fiable n’est plus ce qu’elle était, car, du fait des exigences de fonds propres réglementaires dans le cadre du dispositif de Bâle III, il est désormais pratiquement impossible pour les banques de prêter aux PME sans tenir compte de leur potentiel de croissance ou de leurs perspectives.

« Pour une banque, le coût d’évaluation de la demande d’un prêt de 100 millions de livres sterling correspond à peu près à un crédit de 1 million de livres. Sachant que les banques ont pour objectif ultime de veiller à la satisfaction permanente de leurs actionnaires, elles cherchent à générer des bénéfices et à optimiser leur rendement des fonds propres (ROE) en orientant leurs prêts vers les grands comptes », a déclaré Ayan Mitra, PDG et fondateur de CODE Investing, une des principales plateformes de prêts institutionnels au Royaume-Uni, lors d’un séminaire consacré au financement des PME organisé par BNP Paribas Asset Management en septembre 2018.

De nouveaux entrants à la rescousse des pme

Cette léthargie du crédit bancaire oblige les PME à identifier des solutions crédibles pour résoudre leurs difficultés de financement actuelles, car elles sont conscientes que cette situation bridera leur croissance et leur développement futurs. Des acteurs non bancaires ont entendu leurs appels et leur viennent en aide pour combler ce vide de financement. Les gérants de fonds ont été particulièrement actifs en lançant des véhicules axés sur la dette privée dotés de facilités de prêt en vue de diversifier leurs revenus en dehors des stratégies phares.

L’Alternative Credit Council (ACC), un organisme représentatif du secteur, indique que le marché de la dette privée a été multiplié par quatorze depuis l’année 2000 et atteint aujourd’hui un encours de 600 milliards de dollars d’actifs. Selon des prévisions optimistes, il pourrait franchir la barre des 1 000 milliards de dollars d’ici à 2020.

Parallèlement, les solutions digitales gagnent en importance, les fournisseurs de prêts entre pairs (« peer-to-peer » ou « P2P ») et les plateformes de financement participatif dominant de plus en plus les opérations de levées de fonds aux premières étapes de développement des entreprises (« early stage »).

Sur la période 2012-2014, les capitaux collectés à travers les solutions de financement participatif ont augmenté de 410 %, et, selon certains rapports, ces plateformes ont compté pour autant d’opérations de levée de fonds d’amorçage que le secteur du capital-investissement.

En 2016, on estime que le financement participatif en fonds propres a permis de lever un total de près de 272 millions de livres sterling, tandis que les prêts P2P ont totalisé 1,23 milliard de livres. Selon les données de CODE Investing, les plateformes numériques de financement alternatif pourraient couvrir 9,1 % (52,6 milliards de livres sterling) du marché total des crédits aux PME en Europe à l’horizon de 2021, soit quatre fois plus qu’en 2018 (2 %).[1]

Identification des emprunteurs délaissés

Si l’apparition de fournisseurs de financements alternatifs constitue une évolution bienvenue, les professionnels reconnaissent que certains emprunteurs n’en bénéficient pas encore. Selon Stéphane Blanchoz, responsable des financements alternatifs dédiés aux PME chez BNP Paribas Asset Management, le montant moyen d’investissement d’un gérant de dettes privées se situe entre 60 et 80 millions de livres sterling, ce qui implique que les bénéficiaires de ces prêts restent des entreprises de taille relativement importante. Même l’ACC concède que les sociétés à grande capitalisation reçoivent près d’un cinquième de la totalité des capitaux engagés par les gestionnaires de fonds de dette privée.

À l’inverse, les plateformes de financement participatif et de prêts entre pairs soutiennent généralement les micro- et petites entreprises, le montant moyen d’un prêt P2P au Royaume-Uni n’atteignant que 95 000 livres sterling[2]. « Nombre de PME sont trop petites pour faire appel à des fonds de dette, trop grandes pour s’orienter vers des plateformes de financement participatif et mal desservies par les banques.

Cependant, avec un prêt moyen de deux millions de livres sterling, ces entreprises représentent une opportunité d’investissement à la fois significative et attrayante. Elles constituent notre cible au sein du marché des PME », déclare Michiel Slinkert, Managing Partner chez Caple, ajoutant que la majeure partie des entreprises soutenues par Caple sont des sociétés qui ont besoin de capital développement en vue de faciliter des changements opérationnels ou qui connaissent une transition actionnariale.

Partageant cette analyse, Stéphane Blanchoz indique que les besoins de financement d’une part importante du marché des emprunteurs privés, estimée à quelque 34 000 entreprises au Royaume-Uni[3], ne sont pas correctement satisfaits par les acteurs historiques existants, ajoutant que le véhicule dédié au financement des PME de BNP Paribas Asset Management émet des prêts de 500 000 livres sterling à 5 millions de livres sterling en faveur d’entreprises réalisant un chiffre d’affaires compris entre 2 et 50 millions de livres sterling.

De nouveaux bailleurs de fonds, des idées nouvelles

La volatilité des actions, la faiblesse des taux d’intérêt et la situation géopolitique erratique ont été autant de facteurs qui ont pénalisé les rendements pour les investisseurs. De nombreux fonds de pension sont confrontés à d’importants déficits et opèrent de plus en plus avec des flux de trésorerie négatifs, ce qui représente deux problématiques auxquelles des rendements solides pourraient répondre.

À cet égard, les fonds de prêts aux PME offrent aux responsables des processus d’allocation d’actifs des performances ajustées du risque régulières, qui ne sont pas affectées par la volatilité des marchés et sont bien protégées contre les hausses des taux d’intérêt. La performance des fonds de prêts directs dans leur ensemble a peut-être reculé à 7,9 %, mais elle est très supérieure à celle réalisée par d’autres classes d’actifs et compartiments.

En dépit de ces performances honorables, certains investisseurs maintiennent catégoriquement que les prêts aux PME sont en haut de cycle et s’apprêtent à connaître une forte correction. Selon Stéphane Blanchoz, cet argument était déjà avancé il y a cinq ans, mais les rendements demeurent nettement supérieurs à ceux des emprunts d’État britanniques à dix ans ou des obligations d’entreprises de catégorie « investment grade » libellées en livres sterling. Par rapport aux marchés des capitaux, le risque de crédit des PME est comparable au profil de risque d’un émetteur noté « BB » ou « BB- » et la volatilité de leur taux de défaut sur le cycle est nettement plus faible que celle observée sur le haut rendement européen.

Si le taux de défaillance dans l’univers des émetteurs européens d’obligations à haut rendement avait atteint un plus haut niveau de 6,6 % en 2009, la plus mauvaise année pour les PME britanniques a été 2008 quand le taux de défaut s’est établi à 2,6 %[4].

Un segment du marché sous-investi

Il existe certainement de multiples sources de financement non bancaires, ainsi qu’une opportunité de niche pour les acteurs qui proposent des financements aux PME qui sont à la fois trop petites du point de vue bilantiel pour attirer des flux de gérants de fonds de dette privée et trop grandes pour faire appel aux plateformes de prêts P2P et de financement participatif.

C’est sur cette catégorie de PME que BNP Paribas Asset Management se concentre. Non seulement les stratégies de prêts aux PME peuvent générer des performances régulières pour les clients, mais elles soutiennent également les ambitions de croissance de ces entreprises, contribuant ainsi à insuffler à l’économie réelle l’élan dont elle a grand besoin.

Pour de plus amples informations sur les prêts aux PME, veuillez cliquer ici.


[1] Recherche de CODE Investing

[2] Troisième enquête réalisée par la CME Group Foundation sur le secteur européen du financement alternatif

[3] Publication statistique du Department for Business, Energy & Industrial Strategy (novembre 2017)

[4] Rapport statistique sur les défaillances d’entreprises de Crédit Suisse (11 septembre 2018) ; BNP Paribas Asset Management (données relatives aux PME britanniques)

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