Pour pimenter vos investissements, pensez aux petites capitalisations

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Entre les petites capitalisations (small caps) et les « grandes » en Europe et aux États-Unis, le cœur des investisseurs balance. Compte tenu des perspectives des small caps de part et d’autre de l’Atlantique, nous préférons les petites entreprises, surtout en Europe et dans une moindre mesure aux États-Unis où les perspectives de performances corrigées du risque à moyen terme sont moins attractives. Ceci dit, nous pensons qu’un bon gestionnaire actif peut également parvenir à générer de la valeur ajoutée pour ses clients investisseurs en exploitant le filon des small caps américaines dans les années à venir.

À la sauce européenne, vos investissements auront encore plus de saveur

L’Europe semble enfin sortir de l’ornière creusée par les récentes crises. L’euro baisse face au dollar. La politique monétaire reste généralement souple, et le baril de pétrole demeure sous les 65 dollars. Tous les ingrédients sont réunis pour que de nombreuses entreprises européennes puissent décoller. Les petites capitalisations devraient profiter davantage que les grandes de cette conjoncture positive, car elles possèdent un levier opérationnel plus favorable dans un contexte de reprise du marché national. Elles tirent plus de revenus de l’économie domestique et sont davantage exposées aux secteurs tels que la consommation discrétionnaire.

Mais ce n’est pas tout. Les petites entreprises sont aussi les mieux placées pour bénéficier des réformes structurelles en Europe. La libéralisation ou déréglementation des marchés – surtout dans les pays dits périphériques où les barrières à l’entrée sur certains marchés sont d’une hauteur décourageante -, devrait mettre un terme à la protection des champions nationaux et stimuler la concurrence.

Au bout du compte, les grandes capitalisations actives depuis de nombreuses années sur leur marché – pensons aux fournisseurs d’énergie et aux sociétés télécoms – devraient être les principales victimes de la libéralisation des marchés.

Plus petites, plus agiles et plus dynamiques, les small caps ont déjà montré leur capacité à exploiter les nouvelles opportunités et ainsi accéder à des marchés auparavant inaccessibles. Elles sont généralement plus réactives aux changements de tendance et à l’émergence de nouvelles opportunités.

Il s’agit d’une caractéristique unique en Europe par rapport aux États-Unis où la concurrence fait déjà rage et où aucune réforme n’est en vue.

Les petites capitalisations au menu des grandes multinationales

La reprise économique se précisant, la longue période de sous-investissement des grandes groupes internationaux devrait les pénaliser. Pour rattraper ce retard, nous nous attendons à assister à une vague de fusions/acquisitions dans les années à venir : les multinationales qui disposent de réserves abondantes et d’un accès aisé au financement chercheront à poursuivre leur croissance externe et, à cette fin, se tourneront vers les nombreuses opportunités offertes dans le segment des petites capitalisations.

Seule ombre au tableau : les actions de petite capitalisation sont plus chères que les « grandes » à plusieurs égards (voir graphique). Ceci dit, ce désavantage est largement compensé par des atouts tels que les améliorations cycliques et les réformes structurelles.

Il convient de souligner que les actions européennes, et en particulier les petites capitalisations, sont moins bien couvertes par les analystes que leurs consœurs américaines. Ce segment offre donc aux gestionnaires actifs de nombreuses opportunités de surperformer leur indice de référence.

Malgré leurs valorisations plus élevées, nous pensons donc que les actions européennes de petite capitalisation offrent un potentiel de croissance et de diversification intéressant pour les investisseurs en actions mais aussi pour les portefeuilles multi-actifs.

FR CAPE graphSources: MSCI, Eurostat, ONS, Statistics Norway, Statistics Sweden, Denmark Statistics, Bloomberg, Datastream, BNPP IP, au 31 mars 2015

Les petites capitalisations américaines pour le dessert

Les small caps américaines affichent actuellement des valorisations moins attractives (voir graphique) et devraient se retrouver confrontées à des niveaux de volatilité plus élevés dans les prochaines années au fur et à mesure que la Fed normalise sa politique monétaire et que les taux d’intérêt montent.

CAPE FR USASources: Russell, Standard & Poor’s, IBES, Bureau of Labour Statistics, Datastream, Bloomberg, BNPP IP, au 31 mars 2015

Cependant, nous pensons que les gestionnaires actifs peuvent générer de la valeur ajoutée sur le marché des petites capitalisations américain, mais aussi européen , compte tenu de la couverture limitée de ce segment par les analystes et de l’étendue des indices de petites capitalisations.

Selon nous, les gestionnaires capables d’identifier les opportunités d’investissement, par exemple dans des thèmes à croissance comme les biotechnologies, les paiements mobiles et l’internet des objets, et de gérer les sursauts de volatilité devraient pouvoir réaliser des performances corrigées du risque plus élevées sur plusieurs années que les stratégies passives.

Concernant l’Europe, nous pensons qu’il est moins urgent de faire un choix entre gestion active et passive, étant donné la richesse des opportunités d’investissement sur le marché des petites capitalisations.

Jason Tannen

Portfolio Manager

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