Quelle politique monétaire en Chine en 2020 ?

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Bien que les données récentes en provenance de Chine fassent état d’un regain général d’activité, la confiance des entreprises n’est pas revenue et la liquidité n’a pas encore fortement rebondi, le risque de faible croissance est donc toujours présent. 

  • Choisir entre croissance stable et réduction de la dette
  • Trois options pour la politique monétaire
  • Trois facteurs à surveiller

La banque centrale chinoise semble satisfaite de l’orientation de sa politique, et maintient une croissance de la masse monétaire M2 en ligne avec la croissance nominale du PIB (voir graphique 1), même si jusqu’à présent, les mesures prises n’ont fait qu’empêcher une contraction de la liquidité, et n’ont pas permis une reprise durable.

Graphique 1 : Indicateurs de liquidité (glissement annuel en %)

Cet exercice d’équilibriste peut-il se poursuivre en 2020 ?

En 2019, les mesures de politique monétaire sont parvenues à maintenir un équilibre entre le besoin de stimulus cyclique pour soutenir la croissance du PIB et celui, plus structurel, de contrôle des bulles (sur la dette et les actifs).

Ce dernier objectif nécessite des mesures visant à achever l’assainissement financier que Pékin a entamé en 2017. Ces objectifs contradictoires ont motivé la récente stratégie d’assouplissement sélectif de la politique monétaire.

Quels sont donc les scénarios possibles en matière de politique et de croissance en 2020 ?

Scénario central : probabilité de 60 %

  • Statu quo de politique monétaire. Pékin continue d’assouplir sa politique de manière sélective, tout en poursuivant les efforts de restructuration du système financier. La croissance totale du crédit et celle des investissements en infrastructures devraient légèrement augmenter, respectivement de 10 % et de 8 à 10 % en glissement annuel. Dans ce scénario, on peut s’attendre à une croissance du PIB réel de 6,1 % en glissement annuel.
  • Implications pour le marché : légèrement positives à la fois pour les actions chinoises et les obligations d’État et de première classe, mais pas nécessairement pour les obligations d’entreprises en raison des inquiétudes liées au risque de crédit et aux défauts.

Scénario haussier sur la croissance : probabilité de 20 %

  • Une forte reprise inattendue dans les secteurs de l’automobile et de l’électronique – les deux plus grands secteurs manufacturiers en Chine ; une résilience du secteur immobilier ; une diminution du risque de guerre commerciale qui doperait les exportations, les dépenses d’investissement et les bénéfices des entreprises. Le PIB pourrait enregistrer une croissance supérieure à 7 % en glissement annuel.
  • Implications pour le marché : négatives pour les obligations, positives pour les actions au début, mais le rebond du marché pourrait être de courte durée, car la hausse de la croissance inciterait Pékin à mettre un terme à l’assouplissement de sa politique monétaire.

Scénario baissier sur la croissance : probabilité de 20 %

  • Pékin ne parvient plus à maintenir cet équilibre, entraînant un ralentissement plus marqué que prévu. Si la croissance du PIB tombait à 5 % en glissement annuel, quelle serait la réaction de Pékin ?  Nous voyons deux possibilités :

Réponse A

  1. Un autre plan de relance budgétaire de grande ampleur (probabilité de 5 %).
  2. Les autorités sont tout à fait conscientes que la dette est trop élevée pour le pays et sont déterminées à la réduire, même au détriment d’une croissance plus faible.
  3. Implications pour le marché : globalement haussières pour les actions et les obligations.

Réponse B

  1. Augmentation des mesures d’assouplissement sélectives (probabilité de 15 %).
  2. Des baisses plus sélectives des taux d’intérêt et du ratio de réserves obligatoires.
  3. Davantage de soutien budgétaire, en particulier sous forme de dépenses d’infrastructures.
  4. Implications pour le marché : baissières pour les actifs risqués, haussières pour les obligations d’État.

Quels sont les éléments à surveiller ?

Tout d’abord, il y a la guerre commerciale. Tout baisses des droits de douane américains devrait contribuer à une augmentation des exportations chinoises. Une stabilisation des tensions commerciales renforcerait la confiance et la croissance intérieure.

Deuxièmement, surveillez le crédit et l’investissement. Une augmentation de la croissance du crédit, même si elle devait être lente, devrait contribuer à assouplir les contraintes de liquidité pesant sur le secteur des entreprises. Toutefois, la question reste de savoir dans quelle mesure le secteur privé bénéficierait d’un assouplissement sélectif puisque les banques ne prêtent toujours pas beaucoup aux entreprises privées (graphique 2).

Prêts bancaires au secteur privé (glissement annuel en %)

Troisièmement, surveillez le secteur automobile. La production automobile représente environ 5 % du PIB. Sa contraction de plus de 10 % entre fin 2018 et 2019 a pesé sur la croissance du PIB pour plus de 0,5 point de pourcentage. Ainsi, une simple stabilisation supprimerait un frein important à la croissance. L’impact des deux chocs majeurs qui ont frappé le secteur en 2019, à savoir la suppression des avantages fiscaux et la baisse de la confiance des consommateurs, s’estompe.


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Chi Lo

Senior Economist for China

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