Réchauffement climatique : 330 millions de personnes touchées par la sécheresse en Inde

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Le réchauffement climatique est un mal insidieux et imprévisible. Il frappe sans crier gare et ses effets peuvent être dévastateurs. Les projecteurs étaient, il y a peu, sur la Californie où des pluies opportunes sont venues récemment apporter quelque répit aux habitants de la région. Les projecteurs sont maintenant braqués sur l’Inde. Depuis deux ans, le pays souffre d’une sécheresse sans précédent.

Ainsi, la mousson qui alimente habituellement les puits, entre juillet et septembre, n’a engendré, en 2015, que 400 mm de précipitations dans la région, soit trois fois moins que la normale. Un quart de la population, soit 330 millions de personnes, manque d’eau. Dans certaines contrées du pays, comme le Maharashtra, les autorités, depuis un mois, envoient des citernes d’eau acheminées par trains spéciaux aux populations particulièrement affectées. Les décisions de sauvegarde prises sont à la mesure du danger qui menace.

C’est un truisme, mais, sans eau, pas de vie

L’homme ne peut survivre plus de trois jours sans boire; sans eau, pas d’activités humaines, pas d’agriculture, pas d’industrie. C’est dans de telles conditions extrêmes qu’une telle évidence retrouve tout le sens qu’elle mérite.

Conjuguée aux moussons dévastatrices de ces dernières années (autre résultante du réchauffement climatique), la sécheresse fait que les rendements agricoles baissent ; la famine menace et les paysans, lourdement endettés, ne peuvent plus faire face aux échéances de leurs prêts ; certains préfèrent même le suicide à l’opprobre public. Les effets du phénomène climatique sont attisés par la corruption endémique qui paralyse les appareils de l’État. Les aides diligentées sont détournées et ne parviennent pas aux populations démunies à qui elles sont destinées.

En outre, la puissance destructrice du phénomène se trouve aggravée par certains choix économiques contestables faits dans le passé

Par exemple, la vulnérabilité du Karnataka, en pénurie d’eau récurrente, est exacerbée par la pratique de l’agriculture sous contrat et l’intensification de productions agricoles, gourmandes en eau, destinées à l’exportation. Il faut savoir, à cet égard, que l’Inde est le deuxième plus gros pays producteur de riz, de blé et de sucre de canne, et le plus gros producteur de coton.

Selon les climatologues du GIEC, en Inde comme en Californie, ces nouvelles conditions météorologiques risquent de devenir endémiques ; le climat se modifie sur la durée selon un mode progressif irréductible ; s’alterneront sécheresses de plus en plus longues et pauses courtes laissant abusivement espérer, sur le moment, rémission durable ou soulagement définitif. S’y adapter est possible, comme l’attestent les expériences concluantes menées en Israël ou à Singapour. Ainsi, le chiffre est surprenant mais bien réel : en Israël 5, 80 % de l’eau des égouts sont recyclés, après traitement, dans les réseaux d’irrigation agricole ou d’adduction d’eau potable.

Cependant, il ne faut pas se leurrer, les investissements nécessaires pour rendre cette adaptation effective sont immenses

Tous les pays concernés, développés ou émergents, vont devoir détourner des sommes considérables de programmes d’investissements productifs déjà planifiés pour que l’accès à l’eau reste possible, aussi bien pour le citoyen que pour l’agriculteur et l’industriel. Il en va de leur survie sur le long terme. Certains auront peut-être la complaisance ou la naïveté de penser que le phénomène voudra bien les épargner ; ce serait de la folie.

C’est justement dans des sociétés qui contribuent à résoudre les problèmes de l’accès à l’eau dans le monde qu’investissent les stratégies Aqua et Climate Impact de BNP Paribas Investment Partners.

Alexandre Jeanblanc

Investment Specialist, SRI

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