Graphique de la semaine – Le cours des bénéfices

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Alors que les rapports trimestriels des entreprises américaines du S & P 500 sont en bonne voie, nous examinons l’évolution des prévisions de bénéfices et leur impact sur le marché des actions et nous évaluons s’il existe d’autres facteurs qui déterminent plutôt le cours des actions que les perspectives de bénéfices.


Les prévisions de bénéfices ont été reléguées au second plan…

Malgré toutes les inquiétudes de fin 2018 concernant un ralentissement de la croissance mondiale et son impact sur les bénéfices des entreprises, notre modèle suggère que l’évolution des prévisions de bénéfices n’a pas été le principal moteur des mouvements du marché.

Du pic du S & P 500 fin septembre 2018 au plus bas fin décembre, le principal facteur a été la hausse de la prime de risque des actions, suivie de l’évolution des anticipations de versement des dividendes aux actionnaires. Les investisseurs étaient manifestement trop optimistes quant aux perspectives de croissance des bénéfices à l’automne dernier et ont dû revoir leurs prévisions à la baisse.

… et y sont restés

Ce qui est inquiétant, c’est que ces attentes n’ont pas encore changé de manière convaincante. Le taux de croissance des bénéfices attendu a plus que diminué de moitié depuis l’automne 2018 et la récente modeste amélioration des perspectives a été principalement tirée par le secteur de l’énergie grâce à la hausse des prix du pétrole (voir graphique 1).

Il convient de noter que si les taux d’intérêt ont joué un rôle dans la baisse initiale du marché, leur impact s’est inversé à la fin de l’année 2018. Cependant, c’est surtout la baisse de la prime de risque des actions qui a soutenu la reprise du marché, tandis que les estimations de croissance des bénéfices ont constitué un frein.

Graphique de la semaine - Le cours des bénéfices

Moins de marge de manœuvre pour la hausse

La dernière saison de publication des résultats du S & P 500 a été meilleure que prévu. Alors que la croissance des bénéfices au premier trimestre a dépassé les prévisions, certes revues à la baisse, nous prévoyons que les analystes réviseront prochainement leurs prévisions. Cela suffira-t-il à faire progresser sensiblement le marché ? Et si ce n’est pas le cas, qu’est-ce qui peut propulser le marché ?

Les prévisions de bénéfices n’ont jamais autant baissé que les estimations à court terme, de sorte qu’il y a moins de place pour une hausse et un soutien de ce côté. Nous pensons qu’il est peu probable que les taux d’intérêt changent de manière significative dans un avenir proche, tandis que dans le même temps, les valorisations des actions (*) semblent désormais élevées après leur rebond.

Il semble peu probable que nous assistions à une nouvelle baisse de la prime de risque des actions à la mesure de l’évolution depuis décembre. Les marchés pourraient encore « rebondir », mais cela proviendrait probablement d’un renversement des révisions négatives des bénéfices observées au cours des derniers mois.

[ *] Nous pensons que le ratio cours/bénéfice en tant que mesure des valorisations des actions doit être interprété avec prudence, en particulier après un changement important des rendements obligataires. Une baisse persistante des rendements se traduit généralement par un PER toujours plus élevé, gonflant les valorisations. Tant que les rendements restent bas (parce que les obligations achetées par les banques centrales mondiales restent dans leurs bilans), elles soutiennent les valorisations. Par conséquent, les investisseurs ne devraient pas comparer les PER actuels et ceux observés avant que les banques centrales ne commencent à acheter des obligations. Tant que les opinions des investisseurs dans les actifs sûrs – préoccupés par les perspectives – et celles des investisseurs les plus optimistes dans les actifs risqués ne s’alignent pas, les faibles rendements devraient soutenir la prime de risque des actions. En d’autres termes, les rendements vont continuer de pointer vers des PER durablement plus élevés.


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Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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