Graphique de la semaine – En quête d’un rapprochement ?

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S’agit-il d’une énigme ou d’une situation à approfondir pour découvrir ce qui se passe réellement ? Apparemment incompatible : les rendements obligataires ont chuté de manière spectaculaire, annonçant potentiellement un ralentissement important de la croissance économique, voire une récession mondiale, alors que les actions ont enregistré des gains à deux chiffres sur les six derniers mois, reflétant… quoi au fait ?


La baisse des rendements, et avec elle la baisse de la charge d’intérêts, devrait être un facteur positif pour les actions, mais ce n’est pas forcément le cas lorsque cette baisse s’explique par un ralentissement général de la croissance économique (= demande) ou par une inflation aux abonnés absents, ou tellement faible que cela revient au même, ce qui ne fait rien pour stimuler les ventes. En ce qui concerne les perspectives de croissance, les enquêtes auprès des directeurs achats aux États-Unis vont maintenant dans le même sens que celles de l’Europe il y a environ un an : vers le bas, tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services.

Ce changement de direction laisse présager un ralentissement de la croissance dans la première économie mondiale. La croissance s’est en effet ralentie en Europe au cours des derniers trimestres, mais il n’y pas eu de récession. Elle semble s’être de nouveau remise de son passage à vide, tirée vers le haut par la France et l’Allemagne, les deux principales économies de la région. Des inquiétudes subsistent quant à l’évolution de l’Italie et ses relations tendues avec Bruxelles, et plus encore en ce qui concerne le Royaume-Uni, où un accord sur le « Brexit » est encore loin d’être acquis et où une sortie de l’UE sans visibilité sur les relations futures reste une réelle possibilité.

Par conséquent, si ce n’est pas la croissance qui soutient les actions, est-ce les bénéfices (attendus) ? Les prévisions de bénéfice par action pour les valeurs du S&P 500 au second trimestre sont loin d’être enthousiasmantes, mais cela s’explique en partie par le fait que les réductions d’impôts de 2018 ont dopé les bénéfices de 2018. Cet effet ponctuel est en train de s’effacer. Les investisseurs regarderont en outre au-delà de T2 2019. Les bénéfices de T2 2020 devraient ainsi afficher une croissance à deux chiffres plutôt encourageante. En matière d’optimisme lié aux bénéfices, ce sont les États-Unis qui mènent le train à l’heure actuelle, ce qui se retrouve dans la performance des actions et les valorisations. Le reste du monde est à la traîne. Tout cela devrait soutenir les actions.

Graphique 1 – Taux de croissance attendu des bénéfices par action (EPS) (sur 12 mois)

(Données en date du 7 juillet 2019. Il n’existe aucune garantie que des prévisions, des objectifs ou des opinions se réalisent.)

Graphique de la semaine - En quête d’un rapprochement ?

Sources : FactSet, BNP Paribas Asset Management

Si le faible niveau de rendement des bons du Trésor américain n’est pas nécessairement annonciateur d’un ralentissement important de la croissance ou d’un risque accru de récession, de quoi est-il le signe ? D’une part, de prévisions d’inflation peu élevées. Des facteurs structurels sont à l’œuvre dans ce domaine, comme par exemple les progrès technologiques ou la démographie (vieillissement de la population). D’autre part, de rendements réels peu élevés, qui sont le reflet des baisses de taux anticipées par le marché concernant la Réserve fédérale américaine (et la BCE). Ces attentes se sont probablement modérées ces derniers jours, après la vigueur inattendue du marché de l’emploi américain, mais elles n’ont pas disparu.

Un regain de vigueur de l’économie américaine, qui a jusqu’à présent offert un tableau mitigé dans l’ensemble, pourrait repousser encore plus l’espoir d’une baisse des taux, ce qui serait un risque pour les actions. Les autres risques sont un regain de tension entre les États-Unis et la Chine en matière de commerce, ou sur les droits de propriété intellectuelle et les transferts de technologie forcés, et une croissance plus faible que prévu. S’ils se matérialisent, les actions enregistreront de la volatilité et une correction. Les obligations pourraient en retour bénéficier d’une fuite vers les valeurs refuges, ce qui ferait baisser encore plus les rendements. Un effet de balancier de cette nature n’aurait rien d’une énigme pour les investisseurs.


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Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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