Une solution indicielle pour un portefeuille « bas carbone »

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Comment réduire l’empreinte carbone de ses portefeuilles ? Depuis un an, ce sujet monte en puissance dans la communauté financière internationale, notamment au travers d’initiatives comme le Montréal Carbon Pledge, signé dès mai dernier par BNP Paribas IP. En France, les investisseurs institutionnels sont particulièrement amenés à plancher sur ce thème, notamment avec le fameux article 173 de la loi sur la transition énergétique, qui les incite à accélérer la « décarbonation » de leurs portefeuilles même s’il ne les oblige à communiquer que sur leur empreinte.

Avec l’imminence de la COP21 – une conférence sur le climat qui se tiendra du 30 novembre au 15 décembre 2015 à Paris – les acteurs français de la finance rivalisent actuellement d’annonces sur le sujet. THEAM s’y est intéressé dès 2008 en lançant un ETF (Exchange Traded Funds) sur une stratégie européenne « bas carbone » (répliquant l’indice Euronext Low Carbon 100 Europe). Comment cela fonctionne-t-il ? En partant des 600 premières capitalisations européennes, un filtrage classique est appliqué, fondé sur des critères de marché, afin d’éliminer les sociétés dont le flottant est insuffisant, afin de répondre aux contraintes de liquidité. Ensuite, les sociétés dont les émissions carbone sont les plus faibles sont retenues au sein de chaque secteur, sur les données publiées par des agences spécialisées. L’indice est construit de façon à garder une répartition sectorielle similaire à celle de son univers de référence. L’idée est de ne retenir qu’une centaine de titres dans le portefeuille. Celui-ci fait l’objet d’une revue annuelle sous la responsabilité d’un comité scientifique indépendant et multipartite, présidé par Pascal Canfin (ONG, universitaires, spécialistes environnementaux).

L’intérêt d’une telle solution pour les investisseurs institutionnels est double. D’abord, il s’agit d’un outil simple à mettre en place et à utiliser. Ensuite, la stratégie permet une réduction substantielle de l’empreinte carbone du portefeuille tout en gardant une diversification sectorielle similaire à celle des grands indices européens. Ce point est important car cette solution indicielle évite de substituer au « risque carbone » un autre risque qui pourrait survenir à cause d’une tracking error trop importante.

Car, à l’heure où la nécessité de la transition énergétique se fait de plus en plus pressante, les investisseurs prennent conscience qu’une empreinte carbone trop forte est porteuse d’un risque réglementaire ou légal susceptible de toucher les entreprises les plus carbo-intensives. Si l’essentiel de ce risque n’est pas encore matérialisé, la stratégie « bas carbone » de THEAM démontre déjà depuis juin 2010 une surperformance cumulée de 13,08 % du 5 octobre 2010 au 5 octobre 2015 par rapport au Stoxx 600, dividendes réinvestis.

Marie-Sophie Pastant

Deputy Head of Indexed management team, THEAM

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