Actions et obligations : une corrélation différente pour un nouvel ordre mondial

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La quête du meilleur équilibre entre classes d’actifs n’est probablement plus une simple question de choix entre actions et obligations. D’autres facteurs, comme des évènements exogènes ou l’arrivée de nouvelles technologies, font entrer de nouvelles classes d’actifs dans l’équation.


Faut-il délaisser les actions et revenir vers les obligations ? Telle est l’éternelle question que se posent les investisseurs pratiquement à chaque fois que le S&P500 semble atteindre un nouveau point haut. Mais est-ce bien la bonne question à se poser ? Il n’existe pas, à mes yeux, de réponse tranchée à cette interrogation : tout dépend du contexte.

En prenant un peu de recul, on s’aperçoit que l’année 2017 a été marquée par une volatilité historiquement – et presque obstinément – faible. L’année 2018 a en revanche été celle des montagnes russes, qui s’est clôturée par un plongeon de près de 16 % du S&P500 en décembre. Six mois plus tard, les actions sortent d’une série de pertes qui se sont étalées sur deux semaines et la Réserve fédérale américaine marque une pause (certaines rumeurs laissent même entendre qu’elle pourrait baisser les taux au cours du second semestre 2019).

Serait-ce dès lors le bon moment pour prendre des bénéfices après 10 années de marché d’actions haussier et procéder à une réallocation ? Et les obligations sont-elles la classe d’actifs à privilégier ?

Une opinion largement répandue nourrit l’idée que les obligations et les actions sont négativement corrélées sur le long terme, un fait avéré la plupart du temps au XXe siècle. Les gestionnaires de portefeuilles constitués il y a plusieurs dizaines d’années se basaient sur cette hypothèse pour délaisser les actions au profit des obligations en cas de regain d’aversion pour le risque, à l’approche d’une période de paiement pour le portefeuille ou d’une période de turbulences sur les marchés. Ces dix dernières années, les corrélations entre obligations et actions se sont pourtant révélées beaucoup plus positives.

Bienvenue dans l’ère du nouvel ordre mondial ! Le ratio risque/rendement n’est plus le même

L’évolution du ratio risque/rendement, défini comme le montant potentiel qu’un investisseur est prêt à risquer pour un rendement potentiel, est elle encore plus flagrante. Ces ratios risque/rendement se sont bien tenus pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce que les investisseurs soient récemment confrontés à de nouvelles technologies d’investissement et des évènements qui ont bouleversé les marchés, tels que la crise financière mondiale de 2008, les cryptomonnaies, l’intelligence artificielle (IA), les guerres commerciales, le Brexit, la mondialisation et l’anti-mondialisation pour n’en citer que quelques-uns.

Ces changements ont fait émerger le besoin de redéfinir les indices de référence traditionnels qui étaient autrefois à la base des processus de construction des portefeuilles. Il existe toute une gamme de classes d’actifs et de relations au sein même des marchés qui a transformé l’éventail des ratios risque/rendement pour les classes d’actifs nouvelles, mais aussi traditionnelles.

Rien ne met plus ce renversement de la réalité du marché en exergue que l’évolution du ratio risque/rendement des actions au cours des dix dernières années, qui se rapproche désormais de celui des obligations (c’est-à-dire 1:1). Le marché d’actions américain est celui où le ratio a le plus évolué, ce qui a eu un impact analogue sur les marchés d’actions développés au sens large.

Une simple réallocation des actions vers les obligations pourrait désormais ne plus suffire

Quel est l’impact pour un portefeuille composé d’actions et d’obligations ? Les classes d’actifs qui affichent un ratio risque/rendement analogue, avec une fourchette de volatilité plus limitée sur les marchés dont la devise est forte ou s’apprécie, présentent de plus fortes corrélations entre elles.

Le marché américain illustre bien ce phénomène. En d’autres termes, délaisser les actions au profit des obligations (ou l’inverse) pourrait ne plus être une solution de repli aussi efficace que par le passé pour faire face à la sous-performance des marchés d’actions. Selon moi, il se peut par exemple, à court terme, que des stratégies axées sur les marchés émergents offrent un ratio risque/rendement efficient sur le court terme, avec des rendements non corrélés à ceux des marchés développés.

L’échelle du risque agrandie du fait de la présence de nouvelles classes d’actifs

Alors que les négociations commerciales et les mutations politiques attisent la volatilité, diversifier ses investissements dans un marché dont la croissance s’accélère devient indispensable. En outre, le nouvel ordre mondial (qui englobe les cryptomonnaies, l’intelligence artificielle, le big data et d’autres technologies en plein essor) nous conduit droit à un nouveau terrain de jeu.

Notons par ailleurs que les récentes évolutions réglementaires pourraient profiter aux classes d’actifs génératrices de revenus. Les investisseurs pourraient donc avoir tout intérêt à envisager d’allouer une partie de leurs actifs aux actions à dividendes élevés, aux actifs alternatifs/stratégies quantitatives/actions axées sur l’alpha, aux obligations et/ou aux actifs réels.

À mes yeux, les investisseurs devront dépasser le simple clivage entre actions et obligations et envisager une gamme de classes d’actifs plus variée tout en intégrant plus de variables dans leurs décisions d’investissement. En bref, les actions et les obligations ne tiendront plus le même rang qu’autrefois dans les portefeuilles. Le fossé qui les séparait s’est rétréci et de nouvelles classes d’actifs ont vu le jour et agrandissent l’échelle du risque.


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Paul Sandu

Head of Multi-Assets Quant Solutions (MAQS) & Client Advisory, Asia Pacific

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