Graphique de la semaine – point bas commercial : Le pire est-il encore à venir ?

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La politique commerciale américaine reste fermement au premier plan, ce qui ravive les souvenirs d’un accès de boxe au fur et à mesure que des coups de poing s’envolent, touchant non seulement les partenaires commerciaux, mais aussi les marchés financiers. On peut dire que les inquiétudes s’intensifient à mesure que les mesures prises par les deux parties – que ce soit « simplement » annoncées ou mises en œuvre – semblent affecter le sentiment, à ce stade plus sur le front de l’entreprise et de la politique, et touchant moins directement les consommateurs.


Mais tout de même. Avec les tarifs commerciaux désormais ouvertement déployés comme un levier pour s’attaquer à des questions allant au-delà des « pratiques déloyales », de la « sécurité nationale » ou des déficits croissants et incluant la migration transfrontalière, les acteurs du marché ne pouvaient être accusés d’avoir choisi de se réfugier ou de rester sur la touche.

Pas une seule fois ?

Le sentiment qu’il est possible que les choses empirent avant de s’améliorer est confirmé dans les dernières données économiques. Les enquêtes menées auprès des directeurs d’achat (américains) ont révélé un sentiment plus pessimiste, rendant plus difficile l’argument selon lequel la baisse observée en avril n’était qu’un bémol (voir graphique 1). Une mise en garde serait que ces données concernent le sentiment des entreprises. Reste à voir comment cela se traduit dans l’économie réelle. Les dépenses réelles en capital, les investissements et les embauches, par exemple, seront-elles mises en attente ?

Graphique 1 : PMI américain – La baisse du mois d’avril n’est pas un simple euphémisme

Graphique de la semaine - point bas commercial : Le pire est-il encore à venir ?

Source : FactSet, BNP Paribas Asset Management. Données au 3 juin 2019.

En Chine, sans doute la cible principale de la guerre commerciale actuelle, le sentiment des entreprises a également pris un coup de fouet. Les indices des directeurs d’achat sont restés sur une trajectoire sud-coréenne, même s’il faut dire que c’est le cas pour le secteur manufacturier, plus sensible aux exportations, que pour les services domestiques, dont le sentiment est resté stable au cours des derniers mois.

La nécessité de faire preuve de prudence

En Chine, la croissance du PIB a ralenti, mais nous pensons qu’elle est principalement due aux efforts du gouvernement pour contenir la croissance du crédit et encourager le désendettement. A l’inverse, on pourrait soutenir que Beijing s’est vu accorder une marge de manœuvre supplémentaire pour stimuler l’économie financièrement, mais de telles mesures comporteraient des risques tels qu’une augmentation du montant des prêts bancaires sous-performants dans un contexte de faible marge de manœuvre pour des investissements rentables (en croissance) à ce stade.

Du point de vue des exportations chinoises vers les États-Unis, celles-ci dépassent de loin la valeur des exportations américaines vers la Chine et tandis que les biens de consommation représentent le gros, les biens d’équipement viennent en deuxième position et les biens industriels en troisième position. Les prix des biens de consommation (importés) augmenteraient si le poids total des droits de douane venait à peser, mais peut-être plus inquiétant encore, les entreprises américaines (technologiques) importatrices de biens intermédiaires devraient trouver d’autres sources pour ces intrants. Cela pourrait bien être coûteux et prendre du temps. Plutôt que de profiter aux fabricants américains, refaçonner la chaîne d’approvisionnement pourrait s’avérer être un coup de pouce.

Graphique 2 : Les ventes en Chine sont généralement faibles, mais croissent rapidement

Graphique de la semaine - point bas commercial : Le pire est-il encore à venir ?

Source : FactSet, BNP Paribas Asset Management. Données au 31 mai 2019.

Les taux de croissance sont plus importants pour le marché boursier que l’exposition aux ventes directes

Dans un autre contexte, les barrières commerciales pourraient entraver les ventes américaines en Chine, privant les entreprises d’une source de croissance qui devançait les ventes domestiques ou étrangères, en particulier dans les secteurs de la consommation discrétionnaire et de la technologie. Cette menace sur les taux de croissance est un risque pour les actions américaines. En ce sens, l’exposition boursière à la lutte commerciale en plein essor est plus importante que celle de l’économie dans son ensemble, même si les ventes à la Chine ne représentent que 4 % du total des ventes et des exportations ne représentent que 0,9 % de l’ensemble de l’économie.


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Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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