Les investisseurs ont radicalement révisé leurs attentes sur les perspectives de l’économie mondiale

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Le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney a présenté la semaine dernière son analyse de l’évolution récente des prévisions reflétées par les marchés financiers. En voici les points marquants :


  • Les tensions commerciales internationales ont provoqué un « changement radical des anticipations des investisseurs sur les perspectives de l’économie mondiale ».
  • Ce revirement soudain des prévisions de taux d’intérêt (surtout aux États-Unis, où les contrats à terme sur les fonds fédéraux, jusqu’à la publication des bons chiffres d’emploi de vendredi dernier, anticipaient quatre baisses de taux d’ici fin 2020) laisse présager « un choc de confiance chez les entreprises américaines et chinoises comparable à celui observé au Royaume-Uni » depuis le vote sur le « Brexit ».
  • M. Carney estime que la réaction des marchés a été « un peu extrême » (dans une moindre mesure après les bons chiffres d’emploi de vendredi), mais qu’elle reflète la crainte que les tensions commerciales « soient bien plus profondes, durables et pernicieuses qu’on ne le pensait à l’origine ».
  • Dans certains pays, « l’impact pourrait justifier une réponse de politique monétaire à court terme pour préserver l’expansion » a indiqué M. Carney.
  • Bien que le gouverneur de la banque d’Angleterre ait poursuivi en observant que les marchés internationaux anticipaient « une stimulation beaucoup plus importante que ce qui était nécessaire », les marchés obligataires ont réagi de manière positive à ses commentaires (y décelant une probabilité plus forte de baisse des taux de la banque d’Angleterre d’ici la fin de l’année).

La confiance des marchés quant à l’ampleur des futures baisses de taux aux États-Unis s’est en partie infléchie vendredi 5 juillet avec la nouvelle d’un chiffre élevé de créations d’emplois non agricoles en juin (+224,000).

Cependant, malgré ces créations élevées, tout ne va pas pour le mieux sur le marché américain du travail : le taux de chômage a augmenté de 0,1 % en raison d’une hausse de 0,1 % du taux d’activité tandis que la croissance des salaires est restée stable par rapport à la même période de l’an dernier. Sur les douze derniers mois, la croissance des rémunérations est restée bloquée dans une fourchette de 3,1 % à 3,4 %.

Exhibit 1 : Etats-Unis – Taux de salaires horaires moyens dans le secteur privé non agricole (glissement annuel en %)

Les investisseurs ont radicalement révisé leurs attentes sur les perspectives de l’économie mondiale

Une explication possible à cet état de fait est l’existence d’une sous-utilisation des capacités de production (« slack ») plus importante qu’on ne le pensait sur le marché du travail. Si on y ajoute le pouvoir de négociation limité des travailleurs, il est possible que ces deux facteurs maintiennent l’inflation des salaires et des prix à un faible niveau malgré un taux de chômage peu élevé, auquel cas nous sommes encore loin d’une situation de plein emploi aux États-Unis. Si nous en étions plus proches, la croissance des salaires aurait sûrement retrouvé les niveaux qui prévalaient avant la récession en situation de plein emploi, à 4 % ou plus.

La faiblesse de la croissance des salaires dans les économies développées est un sujet que nous évoquerons plus en détail sur le blog dans les prochains jours.


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