Les bourgeons de la croissance vont-ils éclore ?

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Le débat sur la croissance de l’économie mondiale continue de faire couler beaucoup d’encre. Les derniers indicateurs économiques encourageants aux États-Unis, la remontée des prix du pétrole et des matières premières et le redressement des marchés d’actions annoncent-ils l’arrivée du printemps ?

Dans l’ensemble, les marchés avaient anticipé que la réunion de Doha allait déboucher sur le maintien de la production pétrolière. Après une première dépêche confirmant l’échec des négociations entre les pays de l’OPEP sur le gel de la production, les prix de l’or noir sont partis à la hausse pour la semaine. Les actifs risqués ont réagi positivement : le mercredi, les indices boursiers américains atteignaient des sommets depuis le début de l’année, tandis que les différentiels de taux des obligations d’entreprises se resserraient pendant la semaine.

Le 21 avril 2016, la BCE se réunissait pour confirmer ensuite un statu quo que tout le monde avait déjà anticipé : le taux de dépôt restait à -0,4 % et le volume des achats d’obligations gardait son rythme de croisière à 80 milliards d’euros d’actifs par mois. Francfort laissait filtrer des détails supplémentaires sur l’intégration des obligations d’entreprises au programme de rachat d’actifs à partir du mois de juin : les obligations émises par des entreprises de la zone euro dont la maison-mère réside dans un pays tiers sont également incluses. La déclaration de la BCE respirait un certain optimisme printanier ; elle mettait en avant les retombées positives de la politique monétaire sur les conditions de financement et l’emploi. Pourtant, l’évaluation des risques pesant sur les perspectives de croissance de la zone euro présage une dégradation. Actuellement à 0,0 %, l’inflation pourrait tomber en territoire négatif avant de remonter en 2017 et 2018.

Les prévisions de croissance du PIB américain au 1er trimestre attendues vendredi se fanent elles aussi après les chiffres décevants des ventes au détail (-0,3 % en glissement mensuel) et de la production industrielle (-0,6 % en glissement mensuel) publiés la semaine dernière. Les estimations du consensus Bloomberg pour le 1er trimestre brossent un tableau morose à 0,7 %. Mêmes sombres augures pour l’économie mondiale appelée à ralentir. Le FMI aussi annonce une décélération de la croissance de l’économie mondiale en 2016 à 3,2 %, soit 0,2% de moins que ses projections d’il y a trois mois. La détérioration des perspectives de croissance semble généralisée, laissant entendre que les nouvelles projections pourraient s’avérer encore trop optimistes.

Les raisons de ce pessimisme et des risques liés à la croissance sont bien connues des analystes et des investisseurs : la volatilité des prix du pétrole et des matières premières, le ralentissement de la croissance chinoise et le risque de formation d’une bulle immobilière, le déclin de la rentabilité des entreprises et la probabilité grandissante de défauts de paiement des entreprises, le référendum en juin sur le Brexit et l’interminable tragédie grecque, pour n’en citer que quelques-unes.

Est-il possible que les marchés et les prévisionnistes se laissent emporter dans leur négativisme ? N’y-a-t-il réellement aucune lueur d’espoir ? Les bourgeons de la croissance vont-ils finir par éclore ? Oui, certainement.

Plusieurs facteurs doivent inciter à l’optimisme. À l’échelle mondiale, les banques centrales épandent leur terreau pour stimuler la croissance et les enquêtes d’activité économique brossent un tableau encourageant dans un certain nombre de pays. Aux États-Unis, le marché de l’emploi est en pleine floraison. Pas moins de 215.000 postes hors agriculture ont vu le jour en mars, portant la création d’emplois sur une moyenne mensuelle de douze mois glissants au-dessus du cap des 200.000 unités sur deux ans. Le compteur des premières demandes d’allocation de chômage cette semaine est resté bloqué à 247.000, soit son plus bas niveau depuis 1973. Le logement américain constitue une autre lueur d’espoir. La graphique ci-dessous montre l’enquête de la Mortgage Banker’ Association (MBA) sur les demandes d’achats de maison. La courbe suit une trajectoire haussière depuis début 2015 et approche de son sommet pour l’année. Enfin, la Fed se réunit cette semaine et devrait laisser son taux directeur inchangé. Le discours plus conciliant de la Fed ces dernières semaines a soutenu les actifs risqués qui devraient continuer de croître, car les bourgeons de la croissance finiront par éclore.

Graphique 1 : l’indice d’achat de la MBA

US purchase index

John Carey

Head of structured Securities, CFA Charterholder

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