Les Etats-Unis enregistrent la plus longue phrase d’expansion économique de leur histoire

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Alors que la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle de novembre 2020 a été, de fait, lancée par le Président Trump en juin dernier, il va être difficile dans les prochains mois de s’abstraire du court-termisme, y compris sur l’analyse économique.

Le slogan forgé par le stratège de la campagne de Bill Clinton en 1992 « It’s the economy stupid » reste d’actualité.

Les performances économiques sont réputées avoir une influence sur les résultats de l’élection et les craintes de récession ont déjà suscité des réactions de Donald Trump. Après dix ans d’expansion, la question de la fin du cycle va se poser.


Le 20 septembre 2010, le National Bureau of Economic Research (NBER) a officiellement indiqué que la récession s’était achevée en juin 2009. Dans la mesure où tout indique que l’économie américaine a continué de croître au cours de l’été après une progression du PIB de 2,0 % en rythme annualisé au 2e trimestre, la phase d’expansion actuelle est la plus longue de l’histoire. Elle est aussi l’une des moins dynamique avec un rythme moyen de croissance de 2 % environ.

Graphique 1 : La plus longue expansion de l’histoire mais pas la plus forte

Graphique 1 : La plus longue expansion de l’histoire mais pas la plus forte

En 2015, lorsqu’elle était Présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen avait rappelé que « les cycles économiques ne meurent pas de vieillesse ». Cette déclaration avait donné lieu à un article[1] publié par la Fed de San Francisco qui confirmait cette assertion.

Dit autrement, une récession ne survient pas spontanément mais résulte d’un choc, qu’il soit externe (choc pétrolier), interne (crise de surinvestissement) ou résulte d’une erreur de politique économique.

On conviendra que l’époque paraît propice aux chocs. C’est en tous cas l’hypothèse que semblent refléter les évolutions des marchés financiers depuis quelques semaines. La nervosité des investisseurs sur les perspectives économiques les a conduits à se replier sur certains actifs traditionnellement considérés comme des valeurs refuges (obligations gouvernementales, métaux précieux). Ce comportement a provoqué des mouvements sur les marchés assimilés à des signaux de récession (inversion des courbes de taux notamment). Ces signaux, à leur tour, entretiennent les inquiétudes.

Toutefois, sauf à supposer que les incertitudes liées au conflit commercial s’exacerbent, il est difficile d’imaginer un affaiblissement brutal de la consommation et de l’activité exposée à la demande intérieure. La solidité du marché du travail est de nature à soutenir la confiance des ménages et les dépenses privées (en hausse de 3,0 % en 2018 et de 3,6 % en rythme annualisé au 1er semestre 2019).

De nombreux indicateurs de santé du marché du travail sont désormais proches de leur meilleur niveau des 25 dernières années. Le taux de chômage est légèrement remonté en juin et juillet (à 3,7 %) mais cette évolution reflète le retour des chômeurs découragés. Les entreprises confirment leur intention d’embaucher et leurs difficultés à le faire alors que le ratio du nombre de chômeurs par emploi créé est inférieur à 1 depuis mars 2018.

Dans ce contexte, un choc interne qui plongerait l’économie américaine dans la récession semble peu probable dans les prochains mois, et ce d’autant plus que les conditions financières se sont assouplies ces derniers temps.

Il ne pas faudrait négliger pour autant les autres chocs potentiels qu’ils soient négatifs (protectionnisme, erreurs de politique monétaire,…) ou au contraire positifs (hausse de la productivité).

[1] https://www.frbsf.org/economic-research/publications/economic-letter/2016/february/will-economic-recovery-die-of-old-age/


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

Nathalie Benatia

Macroeconomic Content Manager

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