Les négociations commerciales restent au premier plan

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En novembre, les variations des actions ont continué à refléter essentiellement les déclarations américaines et chinoises sur l’avancée des négociations commerciales. La légère amélioration de la perception de la conjoncture économique et des politiques monétaires toujours accommodantes ont contribué à la hausse.

  • Malgré quelques séances heurtées, l’indice MSCI AC World (en dollars) a gagné 2,3 % par rapport à fin octobre et affiche une hausse de 20 % depuis le début de l’année.
  • Des tensions se sont manifestées sur les taux longs, en particulier pour les marchés périphériques de la zone euro.
  • Au sein de devises du G10, la volatilité a retrouvé ses plus bas niveaux de l’année. Le mois a été caractérisé par une appréciation généralisée du dollar vis-à-vis des devises des pays développés et émergents.

Une nouvelle fois, les commentaires ont soufflé le chaud et le froid au fil des semaines. La situation à Hong Kong s’est invitée dans le débat lorsque le Congrès américain a voté une résolution liant le statut économique spécial de l’île au respect des droits de l’homme et, notamment, des droits des manifestants. Cette initiative et la décision du Président Trump de ratifier ce texte ont, bien évidemment, contrarié les autorités chinoises. Malgré tout, les espoirs de voir enfin les deux pays conclure, à un horizon raisonnable, la phase 1 d’un accord commercial ont permis une progression des marchés sur fond de légère amélioration de la perception de la conjoncture économique et de politiques monétaires toujours accommodantes.

Nouveaux records pour les actions américaines

Au sein des marchés développées, les indices américains, qui ont établi de nouveaux records en clôture en novembre, ont surperformé : le Dow Jones 30 est passé au-dessus de 28 000 points en milieu de mois et termine en hausse de 3,7 %. Le Nasdaq a gagné 4,5 % et le S&P 500 3,4 %. Plusieurs secteurs ont enregistré des progressions de l’ordre de 5 % : technologie, finance, santé.

Dans la zone euro, les indices ont profité de l’inflexion positive des enquêtes d’activité et, plus généralement, d’un certain soulagement après la publication d’indicateurs économiques qui semblent éloigner le risque de récession. Les indices ont aussi profité de la légère baisse de l’euro face au dollar (-1,2 %). L’Eurostoxx 50 a ainsi progressé de 2,8 %, porté par une solide performance des secteurs cycliques. Depuis le début de l’année, sa hausse ressort à 23,4 % contre 25,3 % pour le S&P 500 (indices en devises locales, hors dividendes réinvestis).

Malgré un léger recul du yen en novembre (-1,3 % face au dollar), la performance des actions japonaises est plus modeste que celle des autres grands marchés avec une hausse de 1,6 % de l’indice Nikkei 225 mais cette contreperformance fait suite à une très solide hausse en septembre (+5,1 %) et en octobre (+5,4 %). Un certain attentisme de la part des investisseurs est donc compréhensible au moment où l’économie japonaise va être confrontée aux conséquences sur la consommation de la hausse du taux de TVA intervenue le 1er octobre.

Graphique 1 : sous-performance des marchés émergents en novembre (données au 29/11/2019)

Graphique 1 : sous-performance des marchés émergents en novembre (données au 29/11/2019)

Des taux longs un peu moins bas (mais pas beaucoup plus élevés)

La tension mensuelle sur le rendement du T-note à 10 ans ressort à 9 pb et paraît modeste si on la compare à la détente de 90 pb observée depuis le début de l’année.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans, qui s’établissait à -0,41 % fin octobre, a terminé le mois à -0,36 %, après être revenu vers -0,25 % à la mi-novembre, au plus haut depuis la mi-juillet. La tension sur les taux longs européens reflète le comportement des taux américains de même échéance et l’amélioration de la perception de la conjoncture économique. Les taux un peu plus élevés vus en milieu de mois ont pu apparaître, pour certains investisseurs, comme une occasion de repositionnement à des niveaux un peu plus attractifs.

Au-delà de ces facteurs de nature technique, plusieurs indicateurs publiés au cours des dernières semaines ont rassuré les investisseurs en éloignant le risque de récession : même si le mouvement reste timide, les enquêtes d’activité se sont redressées pour la zone euro dans son ensemble. L’économie allemande a tout particulièrement retenu l’attention. Le PIB est parvenu à progresser au 3e trimestre et la composition de cette croissance est plutôt favorable alors que le pays était menacé d’une récession technique après la contraction survenue au 2e trimestre et les difficultés persistantes du secteur manufacturier.

Dans ce contexte, et alors que les premières déclarations officielles de Christine Lagarde ont souligné l’importance de la politique budgétaire, les anticipations de mesures supplémentaires de politique monétaire ont reflué. Les observateurs s’attendent à ce que la nouvelle Présidente profite de cette embellie conjoncturelle pour prendre ses marques et évaluer la situation avant toute décision importante.

La tension mensuelle des taux a été beaucoup plus marquée sur les marchés périphériques (+18 pb sur le taux espagnol à 10 ans à 0,42 % ; +23 pb sur le taux portugais à 0,40 % ; +31 pb sur le taux italien à 1,23 %). Les commentaires de la Commission européenne, qui a prévenu que les prévisions budgétaires de plusieurs pays (dont l’Italie, l’Espagne et le Portugal) présentaient un risque de non-conformité avec les règles européennes, peuvent expliquer ces contreperformances. Notons toutefois que la France a également été pointée du doigt parce que le pays peine à « réduire sa dette publique trop élevée » mais que l’écart de taux avec l’Allemagne ne s’est pas élargi et que le rendement de l’OAT à 10 ans a terminé le mois à -0,05 %.

Graphique 2 : les taux longs s’éloignent des points bas touchés cet été (données au 29/11/2019)

   Graphique 2 : les taux longs s’éloignent des points bas touchés cet été (données au 29/11/2019)

2020 : soulagement et incertitudes 

Sauf « accident » en décembre, 2019 restera comme une année où les marchés actions et obligataires ont progressé de façon significative. A l’approche de 2020, la question qui vient à l’esprit des investisseurs est de savoir si une telle tendance peut se prolonger. Si une réédition de 2019 à l’identique sur les marchés financiers paraît difficile à imaginer, certains éléments pourraient toutefois persister.

Malgré les risques liés au protectionnisme et aux incertitudes politiques, l’économie mondiale ne nous paraît pas devoir connaître de récession en 2020. Malgré un investissement productif décevant, la croissance aux Etats-Unis restera soutenue par la consommation grâce à un marché du travail toujours solide. Dans la zone euro, la croissance devrait se stabiliser légèrement au-dessus de son potentiel même en l’absence de relance budgétaire. Toute décision significative en la matière serait un plus, à condition que les dépenses publiques financent des investissements structurels et pas des dépenses courantes.

En ce qui concerne les négociations commerciales, la signature éventuelle d’un accord entre les Etats-Unis et la Chine sera vraisemblablement saluée mais ne fera pas disparaître toutes les incertitudes liées à ce thème. Les tensions vont se prolonger et pourraient s’étendre à d’autres relations commerciales.

Plus généralement, les investisseurs seront attentifs à la campagne électorale aux Etats-Unis et en particulier au déroulement des primaires au sein du parti démocrate. Ils pourraient réagir aux propositions radicales de certains candidats, notamment sur la réglementation de plusieurs secteurs (santé, technologie, finance).

Enfin, après leur brutal changement de cap début 2019, il est difficile d’imaginer que les grandes banques centrales modifient l’orientation de leur politique monétaire en 2020 alors que l’inflation reste inférieure à l’objectif de 2 % et que les risques baissiers sur la croissance sont importants.


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

Nathalie Benatia

Macroeconomic Content Manager

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