Forum de l’investissement 2019 – Perspectives pour les États-Unis (5/5)

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L’impact négatif de la guerre commerciale sur la croissance américaine a à peu près compensé l’impact positif de la baisse des impôts et des taux d’intérêt, a déclaré le professeur Jason Furman de la Harvard Kennedy School et du Peterson Institute for International Economics au Forum de l’investissement 2019 de BNP Paribas Asset Management. La question clé est maintenant : l’économie va-t-elle glisser lentement vers son potentiel de croissance à long terme de l’ordre de 1,8 % ou passer par une crise qui se terminerait en récession ? D’après le professeur Furman, c’est le premier scénario qui se produira.


Moins de marge de manœuvre pour la politique monétaire, et davantage pour la politique budgétaire

Les récentes baisses de taux directeur par la Fed s’inscrivent dans une période beaucoup plus longue de diminution progressive des taux d’intérêt depuis le début des années 1980. Ce déclin est d’autant plus susceptible de persister qu’il est dû à une augmentation de la dette publique, au ralentissement de la croissance de la productivité, à l’évolution démographique (les personnes âgées épargnent plus) et à une augmentation des inégalités (les plus riches épargnent plus).

Étant donné la faiblesse des taux d’intérêt, le problème est que les marges de manœuvre de la Fed pour répondre à la prochaine récession sont limitées. Au cours des ralentissements de la croissance passés, le taux effectif des fonds fédéraux a baissé de 630 bp en moyenne ; cependant, la marge de réduction actuelle n’est que de 175 bp (en supposant que les taux ne baissent pas en dessous de 0 %). Ce potentiel limité d’action de la politique monétaire rend d’autant plus nécessaire la mise en œuvre d’une politique budgétaire expansionniste. Heureusement, les taux bas élargissent la marge de manœuvre de la politique budgétaire, car toute augmentation de la dette n’entraîne pas une augmentation correspondante des paiements d’intérêts.

Changements de politique possibles et leur impact

Au-delà des perspectives immédiates, le professeur Furman a évoqué les changements de politique possibles selon les résultats des élections présidentielles et du Congrès. Selon lui, la solidité de l’économie et son statut de président en place rendent probable une réélection du président Trump. Dans ce cas, le choix du président de la Fed en 2020 deviendra une question importante pour les marchés et les perspectives en matière de politique monétaire.

L’élection pourrait avoir des conséquences importantes sur la politique fiscale américaine : selon le candidat, les estimations vont de 17 000 milliards d’USD d’augmentations d’impôt à 1 500 milliards d’USD de réductions d’impôt.

Secteurs susceptibles d’être impactés :

  • La santé (selon la mise en œuvre d’un payeur unique ou d’une option publique)
  • L’énergie (via un « Green New Deal » ou une tarification du carbone)
  • La finance (par le biais de modifications de la réglementation et/ou de la fiscalité)
  • La technologie (par le biais de réglementations ou de mesures antitrust).

Une augmentation du salaire minimum affecterait une part significative de la main-d’œuvre, et les dépenses d’infrastructure pourraient augmenter. Le professeur Furman a souligné la convergence d’opinion entre les candidats en matière de commerce, du moins avec la Chine, et nombre d’entre eux sont en faveur des droits de douane ou d’autres restrictions.


Cet article est la cinquième et dernière partie de la série d’Investors’ Corner relative aux principaux arguments des quatre principaux conférenciers du Forum de l’investissement 2019 de BNP Paribas Asset Management.


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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur à la date de publication. Elles émanent des informations disponibles et sont susceptibles de changer sans préavis. Les équipes de gestion peuvent avoir des opinions différentes et prendre des décisions d’investissement autres en fonction des clients.

Daniel Morris

Senior investment strategist, CFA charterholder

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